L’archipel du chien, Philippe Claudel, 2018 ( Stock)

Il y a des romans qui, à peine refermés, donnent une furieuse envie de s’y replonger .La petite musique des mots, les émotions qu’ils suscitent, la force d’une histoire intemporelle et pourtant d’actualité ( Si!Si ! C’est possible!)tout nous attache à cet archipel dont la noirceur des roches peine à rivaliser avec la noirceur des âmes .

Que dire de plus ? On commence par une balade sur la plage pour finir en cauchemar. Les personnages sont terribles, banals, effrayants de lâcheté ou de cynisme et cependant si humains …

Comme souvent, le plus pur est offert en sacrifice . À quoi ? L’argent, la bêtise, la méchanceté, trilogie infernale à l’efficacité maintes fois démontrée .

Le narrateur revendique de « n’être que la voix . Rien d’autre » . Cette voix n’a pas fini de résonner en nous. Les premières lignes nous harponnent pour ne plus nous lâcher et si le drame des migrants ressassé par l’actualité ne vous a pas touché, peut-être que ce roman le fera, remuant les boues de la bonne conscience qui refuse de voir ce qui se passe à sa porte .

Rien ne s’oppose à la nuit Delphine de Vigan

Rien ne s’oppose à la nuit 

Delphine de Vigan

Encore une autobiographie!
C’est bien ce que l’auteur elle même se dit avant de commettre à son tour le coupable retour sur soi que consiste toute tentative d’écriture sur sa vie ou celle d’un proche. Lire la Suite