Le dernier juif d’Europe, Joann Sfar, Albin Michel, 2020

Étrange roman que celui de Joann Sfar, on y retrouve l’humour grinçant qui séduisait le lecteur du Chat du Rabbin et toujours la question du judaïsme traitée sur un mode pour le moins original, entre vampire juif bien intentionné et père qui se débarrasse de sa circoncision ; Cela peut paraître loufoque, normal, ça l’est, mais cela fait réfléchir aussi au curieux destin du peuple apatride et l’actualité politique y est tournée en dérision de façon plutôt efficace. Nos présidents successifs ne s’en sortent ni indemnes ni grandis…

L’institut, Stephen King, Albin Michel, 2020

Très bon thriller que ce roman d’un auteur qu’on ne présente plus et qui nous emmène ici au cœur d’une machination née des délires nazis et poursuivie dans le plus grand secret ; Des enfants disparaissent. Des hommes puissants meurent. Quel est le lien ?

Le grain de sable malicieux qui grippera la machine infernale s’appelle Luke . Il a 12 ans, la politesse des enfants élevés avec amour, l’intelligence d’un surdoué et le courage que donne le désespoir. Impossible de décrocher une fois le livre commencé !

La race des orphelins, Oscar Lalo, Belfond, 2020

La Race des orphelins (Pointillés) - Livres d'occasion

Comment vivre quand on ne se connaît pas, quand sa naissance est une des hontes de l’histoire de son pays, qu’on est né allemande et blonde aux yeux bleus ?

C’est l’enjeu de ce roman tout en finesse où un scribe prête sa voix à celle qui n’a pas les mots. À travers les non-dits d’Hildegarde, à travers sa quête d’une origine dont les preuves ont été détruites par les nazis en déroute, c’est la réalité dérangeante des enfants des Lebensborn qui se décrit, une folie de contrôle et d ‘eugénisme qui n’est pas sans nous faire penser à la Servante écarlate de Margaret Atwood, la fiction en moins puisqu’il ne s’agit pas ici d’une dystopie.

Une écriture lacunaire parfaite d’exactitude, émouvante et glaçante. Les nazis avaient décidé de créer la race parfaite, on voit ici le point de vue de ces enfants de personne nés de viols, d’enlèvements ou d’abandons, le fardeau n’est pas facile à porter !

Le chant du poulet sous vide, Lucie Rico,P.O.L 2020

Drôle de titre pour un drôle de roman. Le 4ème de couverture : « Quand on aime les poulets, on aime tout d’eux. La gentillesse qu’on leur donne, ils nous la rendent en sortant du four »

On s’attend alors à un humour plutôt second degré mais pas du tout ! Le personnage principal, Paule, aime vraiment les poulets d’un amour inconditionnel qui touche à la folie, aussi, lorsqu’à la mort de sa mère, elle hérite de son élevage de volailles, il lui paraît peu à peu tout naturel de s’y coller à son tour.

Amour envahissant, amour qui déteint sur ceux qu ‘elle aime (ils sont peu), sur ceux qu’elle agace, ( ils sont nombreux), mais aussi sur ceux qu’elle intéresse pour de très claires raisons commerciales.

Le problème c’est que la sincérité prime sur la raison et que ses épitaphes aux poulets défunts vont l’embarquer sur de bien étranges chemins.

Une lecture déroutante, un brin dérangeante, qui nous fait regarder d’une manière différente notre assiettes et nos habitudes de bipèdes dits « supérieurs ».

Le Palais de Minuit,Carlos Ruiz Zafon, Laffont, 2012

Le palais de minuit: Roman - Carlos Ruiz Zafón - Livres d'occasion

Un homme pourchassé, deux orphelins, une ombre maléfique. Quels secrets cache la sombre Calcutta entre misère et meurtres ?

Les personnages sont ambigus, les méchants peuvent être le reflet de nos propres peurs . Le rêve d’un futur radieux peut parfois mener à de bien tristes chemins et engager la vie de ceux-là même qu’on aurait aimé sauver.

Sauvage, James Bradbury, Gallmeister 2019

Sauvage

Curieux roman que celui-ci !

Il met en effet en scène un personnage, Tracy, qu’on a bien du mal à apprécier. : dix-sept ans, une sauvagerie dérangeante et surtout une passion pour la course en traîneau , la jeune fille a d’étranges relations avec son entourage. Une mère défunte qui semble parfois la hanter, un père bourru qui fait ce qu’il peut, l’ambiance est pesante dans ce coin perdu d’un Canada où hurlent les loups et où rode l’inconnu. À éviter les jours de déprime !