Les Terranautes, T.C Boyle, Grasset 2018

Quatre femmes, quatre hommes, sous verre, enfermés dans une bulle. Science fiction?

Même pas, l’expérience ayant réellement été tentée dans les années 90 afin d’expérimenter la vie en vase clos ailleurs que sur une terre dont les ressources s’épuisent.

Trois narrateurs pour ce roman: un homme et une femme enfermés, plus l’amie de la seconde, extérieure par obligation, les responsables de la mission l’ayant reléguée au second plan, par un choix quelque peu discutable .

La solidarité est supposée être à la base de cette colonie d’un nouveau genre? Raté! La jalousie, l’amour, la haine, la cupidité sont de la partie d’autant plus que la bulle est exposée, vendue par le marketing en autant de produits dérivés lucratifs.

Les visiteurs se pressent aux vitres de ce qui finit par ressembler au Loft des premières téléréalités.

Peu d’illusions résistent à l’enfermement et la science elle -même est impuissante à anoblir la décevante nature humaine. Les Terranautes jouent la Cantatrice Chauve et Huis Clos pour tromper l’ennui, ce ne peut être un hasard, plutôt une astucieuse mise en abyme…

Le Signal, Maxime Chattam, 2018 chez Albin Michel

Vous aimez Lovecraft ?

Alors ce roman va vous plaire !

Sans arriver à rivaliser avec le maître, Maxime Chattam nous emmène au pays des peurs ancestrales, des superstitions et de la haine. Situant son intrigue près de Salem, quoi d’étonnant à ce que l’ombre des sorcières suppliciées vienne hanter les vivants ?

Parce qu’il était classé dans la catégorie des romans policiers à la bibliothèque où je l’ai emprunté, je me suis sentie un peu flouée, forcément… Il y a bien des personnages dont le métier est celui des forces de l’ordre mais la raison et la déduction sont les seconds couteaux de cette intrigue avant tout fantastique.La progression de l’angoisse à la peur est habile et la famille sur laquelle se focalise l’attention du lecteur est attachante .

Un roman où l’on joue à s’effrayer, mélange intéressant d’irrationnel et de faits historiques et/ou technologiques. Après tout, ça ressemble furieusement à la définition du fantastique, non ?

La vraie vie, Philippe Jaenada, 2015

Vingt-sept pages seulement , c’est une blague ?

Même pas !

Ce tout petit récit a le mérite :

1/ d’être très bien écrit

2/ d’aller à l’essentiel

3/ de ne pas manquer d’humour

Une combinaison gagnante qui fait dévorer cette réflexion sur l’après-rupture amoureuse quand celle-ci intervient après de longues années vécues en couple.

Le physique a changé, les techniques de drague de notre jeunesse ne sont plus ce qu’elles étaient, rendues obsolètes par une époque ou la technologie s’est imposée alors que faire ?

La réponse est cruelle mais lucide..et à découvrir dans ce roman .

Une excellente façon de se remettre à la lecture après le farniente estival !