Le complexe d’Hoffman, Colas Gutman, 2018, éditions de l’Olivier

Hoffman ou Rosenbaum, alsacien ou juif, deux étiquettes qui ne sont pas toujours faciles à porter quand on a 9/10 ans porte de Bagnolet…

Le petit Hoffman, c’est comme s’il n’avait pas de prénom. Il n’a qu’un ami, orphelin iranien dyslexique ( sacrée trilogie!), une sœur pas franchement compatissante, un papa qui a pris la fuite et surtout une maman Catherine qui , quoique vivante, est morte depuis longtemps .

Alors il s’invente le roman de sa vie : Augustin, son double imaginaire, est supposé vivre jusqu’à 83 ans et a la chance ou pas d’être abandonné à la naissance et vendu par un antiquaire. Ses aventures ne sont pas gaies entre bras arraché et errances d’une mère à l’autre, on est entre les Mystères de Paris et les Misérables mâtinés de Jack et la mécanique du cœur.

Dans la vraie vie, pas beaucoup d’éclaircies non plus. Ses camarades d’école ont trop d’affinités avec le nazisme et sa famille n’en peut plus des névroses de Catherine, prof de philo qui n’en finit pas de paniquer devant le réel.

Un roman où l’humour n’est jamais loin des larmes. Il y a du cocasse parfois mais beaucoup de cruauté aussi dans les situations décrites.

Une lecture qui secoue…dans le bon sens du terme .

Défense de nourrir les vieux, Adam Biles, 2018 éditions Grasset

Une première de couverture provocante à l’image du titre, voilà qui a suffi à m’attirer vers ce roman qui finalement ne m’a pas captivée autant qu’il l’aurait pu .

Le résumé nous promet de l’humour british et de l’irrévérence. À la lecture on trouve, certes, des personnages truculents à l’instar de la première dont on fait la connaissance : Dot, nouvelle arrivée dans une maison de retraite aussi décatie que ses résidents, mais le contexte est d’un sordide !

« Aux chênes verts », soignants et soignés sont en guerre, les corps lâchent les premiers et sont maltraités par les seconds.

Si l’auteur pointe l’hypocrisie sociale qui ferme les yeux sur ce que deviennent ses anciens une fois inutiles, l’ambiance est lourde et certaines situations, mêmes extrêmes, ont un air de réalisme qui fait froid dans le dos et donnent envie de militer pour une euthanasie préventive de peur de se retrouver comme eux, victimes et dépouillés de tout .

Les changements de narration où l’on vous emmène au cœur de revues d’aventures lues par les résidents sont souvent déconcertants et on n’échappe ni au scatologique ni, parfois, à une certaines vulgarité. Sans doute est-ce à l’image de ce qui est décrit mais je n’ai pas réussi à « accrocher » à cette histoire .

Mauvais timing peut-être ? Certains romans ne sont pas faits pour tous les lecteurs ou tombent au mauvais moment…