Tous les hommes désirent naturellement savoir, Nina Bouraoui, 2018


Titre à rallonge, écriture sobre : étrange mariage où le titre semble parfois plus disert que certains chapitres. Les thèmes ? Enfance, solitude, exil découverte de l’homosexualité, amour…

chaque chapitre s’offre un intitulé à l’infinitif, insistante ritournelle qui revient sans se lasser : se souvenir, savoir, devenir, être. La mémoire de l’enfance retricote les non-dits de l’histoire  familiale, la mère, personnage fascinant, cache ses blessures dans un silence qui n’abolit ni la violence, ni les souvenirs. Française épousant un algérien, elle le suit dans un pays qui va bientôt basculer . Ses filles vont connaître la beauté du désert, sa lumière brutale, mais aussi les regards malveillants, l’angoisse, les disparitions inexplicables et enfin l’exil en France, la vie chez des grands-parents certes bienveillants mais si différents !La narratrice est jeune, lesbienne, métisse, ses questions découlent toutes du même désir : la fin de la solitude. Elle peine à s’accepter, vit aux aguets, ne s’autorise pas toujours à vivre .

Un récit parfois déroutant mais intéressant, sans voyeurisme ni jugement. Une quête de soi pour enfin « être » à part entière.