délices

On dit de certaines personnes qu’elles cachent bien leur jeu mais c’est également le cas de certains livres rares comme Les délices de Tokyo de Didier Sukegawa.

Un tout petit format, un auteur peu connu, une couverture pastel qui me faisait de l’œil depuis le rayon nouveauté de ma bibliothèque favorite, autant dire que je l’avais emprunté comme une friandise d’été, sans trop en attendre en retour.

Le début ne m’avait pas détrompée, agréablement dépaysant, il me transportait sur le pas d’une boutique de dorayaki où officiait Sentukô, homme désabusé, peu motivé par la tâche qui, on l’apprend assez vite, lui a été imposée( et non, ne me demandez pas ce que sont les « dorayaki », lisez ce petit bijou de livre et ils n’auront plus de secret pour vous!)

Lecture agréable, légère, qui évoque pour moi l’ambiance des Beignets de tomates vertes de Fannie Flagg, sauf que….tout bascule avec le personnage de Tokue Yoshii, 76 ans, dont les doigts étrangement déformés interrogent le lecteur, curieuse femme, d’abord simple silhouette qui devient formidable personnage  s’imposant à Sentukô d’abord dans sa cuisine, puis dans sa tête et sa vie.

On découvre son histoire et celle de la culture japonaise à travers le regard d’une génération qui a oublié ce qu’elle ne voulait plus voir.

Gêne, culpabilité, peur, les sentiments sont mêlés au parfum des fleurs de cerisier et la beauté du mélange est telle qu’on se surprend à rêver longtemps de ce roman dont la petite musique émeut.

On sent les effluves de la pâte des dorayaki, la détresse des délaissés, la douceur de l’humanité lorsqu’elle partage son amour des délices de la vie. On apprend à écouter et à regarder, il y a de la magie dans ces pages!

L’histoire a été adaptée à l’écran et primée à Cannes, pas étonnant ! Le film réussit-il à transmettre l’émotion de la lecture? Je me promets de le vérifier dès que j’en aurai l’occasion…

2 réflexions sur “Les délices de Tokyo, Durian Sukegarwa, 2018 pour l’édition livre de poche

  1. Oh oui, moi aussi j’ai adoré ce livre ! J’étais triste de l’avoir terminé… J’ai d’ailleurs essayé de prolonger la magie en lisant un livre du même registre (Japon, culture et cuisine) : « Le restaurant de l’amour retrouvé » de Ito Ogawa. Je vous le prête volontiers, si ça vous dit 🙂

    J'aime

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s