Musique en péril.

piano casse

À Saint-Pierre, on chante, à Saint-Pierre, on danse et cela bien souvent au son bien de « chez nous » des musiciens locaux. Héritage acadien, basque, breton ou normand, on aime taquiner guitare, clavier, accordéon, violon…Les concerts font salle comble, le 21 juin est festif, le prix des cours au Centre Culturel et Sportif rend l’apprentissage abordable et démocratique.

Vision idyllique? Peut-être. Vision menacée? Assurément.

L’année dernière les cours de piano ont été tout simplement supprimés sans explication, une simple ligne sur le net, 40 élèves, en majorité des jeunes, contraints à renoncer à leur instrument faute d’offres dans le privé pour ceux qui pouvaient payer, faute de moyen pour les autres. Le poste avait pourtant été publié en juin, avant de disparaître du paysage…

Certains diront que le piano, bof, c’est élitiste et qu’il n’y a pas de quoi fouetter un chat mais cette année, c’est la guitare et l’éveil musical qui semblent voués au même destin: 45 élèves en tout. Pourtant, à l’ouverture des inscriptions, il fallait déjà patienter un long moment avant d’obtenir une place, nombreux étaient ceux qui devaient se contenter de la promesse d’une liste d’attente surchargée, la demande étant de loin supérieure à l’offre!

Alors? Avis de tempête sur le caillou? Les Saint-pierrais n’auront plus qu’à danser au son d’orchestres virtuels, regrettant le temps où les chants leur parlaient de l’archipel, le temps où les jeunes pouvaient sortir la guitare et les décibels en étant encouragés, accompagnés par des professionnels.

Beaucoup d’artistes locaux ont fait leurs gammes à l’annexe du CCS, quitte à compléter leur formation à l’extérieur. Certains sont revenus et rendent au caillou tout l’enthousiasme qui les a porté. D’autres retournent ici le temps des beaux jours pour donner un concert, une soirée, promouvoir un CD.

Avec la suppression des cours, c’est toute une dynamique culturelle qui disparaît, une relève avortée.

Les jeunes seront sans doute les plus touchés et quand on sait que l’apprentissage musical développe des capacités en mathématiques, lecture et autres domaines cognitifs, on ne peut que s’interroger…

Essai de définition estivale

Ça sent l’été…vous n’y croyez pas?

C’est vrai que ce début de juin est frisquet et qu’on peine à s’aérer les gambettes et à remiser les chaussettes alors, on tente une petite définition de saison?

Ici, l’été, c’est quand, à quelques mètres de distance, on peut admirer les crosses de fougères naître, se dérouler, se frisotter pour le grand show estivalJean paul et Cathy juin 2018 225Jean paul et Cathy juin 2018 228

L’été, c’est quand les géants de glace descendent du Nord sur les côtes de Terre-Neuve où il faut les pister puisque depuis 1987 ils semblent bouder l’archipel, qu’à cela ne tienne, on part en chasse, Terre_Neuve_juin_2018 302Terre_Neuve_juin_2018 083Terre_Neuve_juin_2018 085Terre_Neuve_juin_2018 299Jean paul et Cathy juin 2018 148.JPGcroisant au passage lièvres et renards.Terre_Neuve_juin_2018 027Terre_Neuve_juin_2018 038Jean paul et Cathy juin 2018 035

L’été c’est quand le grand Colombier se couvre de rochers mouvants….et volants, pingouins, macareux, qui aura la vedette?Jean paul et Cathy juin 2018 197 Tous sont sur leur 31, reste à les compter…

après, en face, la moucherolle à ventre jaune n’est pas mal non plus!Jean paul et Cathy juin 2018 232

L’été, c’est quand l’île aux marins ouvre ses maisons, j-paul et cathy 2018 014quand les kayaks de l’école de voile n’attendent plus que la mise à l’eauj-paul et cathy 2018 029

Alors, c’est dit, on sort les maillots de bain?

Je suis le genre de fille, Nathalie Kuperman, 2018

filleUn roman dont chaque chapitre commence par la même phrase, ça ne vous rappelle rien?

Et si je dis: « je me souviens »?

Bingo! ( pour ceux qui ne l’ont pas lu, c’est le titre d’un roman de Georges Perec)

Ici, c’est d’un roman très différent dont il s’agit, la narratrice se définit par petites touches, par des mises en situation où l’on se reconnaît parfois mais qui, accolées les unes aux autres finissent par lasser.

Peut-être parce que ce genre de fille-là ne fait guère rêver? Trop de compromis, de renoncements, de colères imprévues qui retombent en soufflé mal digéré. Seul le dernier chapitre échappe à la contrainte d’écriure choisie et la déclaration d’amour de la narratrice à sa mère décédée change la perspective. Et si tous les chapitres n’étaient qu’une confession rêvée à celle dont le dernier rendez-vous a été esquivé?

Alors , oui, le personnage agace mais pour cette raison, peut-être peut-on lui pardonner.