Sauveur et fils, Marie-Aude Murail, saisons 1,2,3

Marie Aude Murail, comme son nom ne l’indique pas, est une porte ouverte à tous les vents, toutes les questions qui peuvent passer dans la tête, qu’on soit ado ou adulte. Donc, règle numéro 1: ne pas la bouder parce qu’elle est éditée à l’école des Loisirs!

Règle numéro 2 : piocher allègrement dans sa bibliographie et voir ce qui plait…ou pas ( mais la deuxième option est assez peu fréquente)

Avec Simple, elle nous faisait vivre les émois d’un jeune adulte resté intellectuellement un tout petit garçon, Oh Boy! nous menait du rire aux larmes à la lecture des aventures de trois orphelins bien décidés à être pris en charge par celui que leur cœur a choisi, Miss Charity revisitait avec brio la vie de Béatrix Potter, tout cela en abordant les thèmes les plus variés, de la colocation étudiante au suicide, en passant par l’homosexualité et l’art, le tout sans vulgarité ni complaisance.

Sauveur et fils, saison 1,2et 3 , sont trois romans qui sont un peu de tout cela puisque le personnage central, psychologue inoubliable et par sa couleur, très noire, et par sa taille, très imposante, reçoit dans son cabinet toutes les phobies, angoisses et problèmes de la ville.

Séducteur et veuf, il a bien sûr toute l’attention des dames, voire plus si affinités. Père d’un petit garçon de 8 ans, il est lui aussi confronté aux aléas du quotidien; école, copains et…hamsters puisque ces petites bêtes prennent pas mal de place, que ce soit en VP ( vie privée) en thérapie ou sur la couverture des romans!

On retrouve l’humour de Marie-Aude Murail et son goût des personnages borderline mais aussi beaucoup de sujets qu’il n’est pas toujours facile d’aborder: difficultés de la relation avec les parents, violence, harcèlement, familles décomposées/ recomposées, racisme, addictions…la liste est loin d’être exhaustive et le format choisi, par « saison » comme une série TV est particulièrement pertinent pour décliner la formule à l’infini. Tout peut arriver dans le cabinet de Sauveur! Son empathie semble inépuisable et embarque son lecteur avec brio.

Alors, on n’a plus qu’à attendre la saison 4 ( oui, je sais, elle est déjà éditée mais pas encore arrivée à Saint-Pierre) ou , pourquoi pas, une adaptation pour le petit écran!

 

Le ministère du bonheur suprême, Arundhati Roy, 2017

bonheurL’Inde…

Bien loin de l’archipel …mais pour ceux qui ne partent pas au soleil pour les prochaines vacances, on prononce  ces deux mots et le voyage commence: c’est Bollywood, épices, couleurs et cérémonies exotiques au bord du Gange.

On peut aussi, dans un autre registre, penser à Slumdog Millionnaire, livre et film mais rien de ce qu’on a en tête ne suffit à donner une idée du dernier roman d’Arundhati Roy. Pourquoi?

Peut-être la citation du quatrième de couverture qu’on retrouve sous la plume et le regard d’un des personnages est-elle la plus pertinente des explications:

« Comment écrire une histoire brisée? En devenant peu à peu tout le monde.

Non.

En devenant peu à peu tout »

Le narrateur épouse ainsi le destin d’une Hijra, femme aux prises avec un corps hermaphrodite, magnifique et déroutante, mais aussi celui d’un faux Saddam Husseim, d’un militant du Cachemire, de sa femme, superbe d’étrangeté, de ses admirateurs, tortionnaires, sauveurs et même d’un bébé par qui viendra la possible rédemption.

Le roman décrit sans complaisance la corruption et la complexité d’un pays où l’on peut habiter un cimetière, où les religions se divisent à l’infini en sectes revendiquant chacune sa vérité. Intégristes de tout bord religieux ou politique commettent les pires atrocités et pourtant les personnages sont flamboyants et se redressent encore et encore, trouvent de l’espoir au milieu des gravats, s’aiment et vivent.

Un roman qui donne envie d’en savoir plus sur l’histoire de l’Inde, sa rivalité avec le Pakistan,  sa culture aussi, au delà des castes et des préjugés qui vont avec. Certains passages sont terribles de noirceur mais l’humour n’est jamais loin, pied de nez au désespoir qui semble toujours près à remporter la partie. La lecture n’est pas toujours facile, beaucoup d’expressions linguistiques de l’Inde peuvent décourager malgré le glossaire avec lequel l’auteur a  pris soin de clore son roman mais l’enjeu en vaut la peine.

Un très beau voyage à faire…

Et rayon ado,à Saint-Pierre, ça dit quoi?

 

clansPlein de choses évidemment , du moins si on passe outre le préjugé d’une lecture « à cases ».

Au XIXème, personne n’aurait songé à classer Jules Vernes ou Jacques London du côté des lectures enfantines et pourtant, cherchez, aujourd’hui, c’est bien là qu’ils sont!

Les romans sont maintenant classés en tant de catégories que cela devient un casse-tête de libraire que de savoir sur quelle étagère les ranger. Et si justement on oubliait tout ça?

Maxime Chattam écrit des romans très noirs « pour adultes » et d’autres « pour ados » mais la grande fille que je suis prend autant de plaisir à la lecture des uns que des autres.

Certains auteurs poussent même le vice jusqu’à écrire deux versions de la même histoire. Souvenez-vous Michel Tournier «  Vendredi ou la vie sauvage » rayon jeunesse, « Vendredi ou les limbes du Pacifique »  rayon adulte ou encore , plus récemment Alexandre Jardin avec « La révolte des coloriés » et « Les coloriés »colo

La bibliothèque de Saint-Pierre fait comme ses collègues de Métropole et les lectures dites « pour ado » y sont bien représentées que ce soit à l’étage (London dans les hauteurs…) ou dans l’étagère qui leur est dédiée. boyOn trouve ainsi les excellents romans de Marie-Aude Murail, Simple ou encore Oh boy que j’ai maintes fois offert avec un franc succès,….à des adultes, l’ auteur est publié à L’école des loisirs ce qui l’envoie direct au rayon jeunesse .

déc

La déclaration de Gemma Malley est quant à elle au rayon ado. Elle raconte l’histoire d’une adolescente qui vit en « surplus » dans une institution spécialisée. Précision importante: on est dans un futur proche dans lequel les gens ont la possibilité de vivre éternellement à condition de ne pas procréer. Les surplus mis au monde malgré la loi de cette inquiétante distopie sont éradiqués ou conditionnés afin de servir les vieillards nantis qui dirigent le monde. La vitalité des jeunes héros va évidemment bousculer tout cela et on suit avec plaisir leurs aventures de tome en tome…

Autre très bonne lecture: Gothico de Rafael Abalos, polar palpitant qui flirte avec le fantastique. Il y a aussi Nos étoiles contraires, le best-seller de John Green, la série des Oksa Pollock d’Anne Plichota, le Journal d’un vampire de L-J Smith et plein d’autres dont j’ai hélas oublié les titres sinon l’histoire!go

La Guerre des clans de Erin Hunter ( pseudo pour trois auteurs en fait) déroule également ses six séries ( ou plus, je m’y perds) sur les étagères pour adultes plus en raison de sa prolixité que de son adéquation avec un âge précis. Saga de chats très humanisés, (on parle parfois de leur « visage », ) on oublie souvent qu’il s’agit d’animaux pour se laisser porter par l’histoire . Il s’agit finalement plus de roman d’aventure que de fable animale et, même si on peut regretter les différences de traitement entre les différentes espèces ( les chiens n’ont pas droit à la parole: leur langage de brutasses se réduit à des onomatopées dignes du premier Tarzan) , il y a là de quoi occuper tout l’hiver de l’ado qui voudra bien y plonger son nez!

Voilà, j’ai certainement oublié plein d’excellentes lectures mais avouez que le choix est sympathique et puis, pour les accros à l’image, il y a aussi de nombreux mangas, mais ça, c’est une autre histoire!

Déprime hivernale? Même pas peur!

« Déprime hivernale », perspective décourageante s’il en est. Or on a pourtant pas mal parlé du sujet ici , sur les ondes et ailleurs, histoire qu’on se secoue un peu.

Un petit coup de mou? Dégainez les vitamines et les chaussures de marche. C’est du moins ce que j’ai retenu, la voix du bon sens, quoi. Mais à Saint-Pierre et Miquelon, il suffit d’un rayon de soleil pour transfigurer le paysage et les idées et là, plus besoin d’antidote, mettre le nez à la fenêtre suffit à redonner du peps au plus raplapla des gronchons!

La preuve en images…

 

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Sur le port, les drapeaux de l’archipel, quoique malmenés ,tiennent bon et flottent fièrementdébut février2018 001

C’est l’heure du repos pour les voitures( quelques unes du moins) et les ruisseaux font le showdébut février2018 022début février2018 003.JPG

 

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Cascades et cheveux d’ange en montagne … et sur les maisons qui s’enguirlandentdébut février2018 018

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Le houx joue à cache-cache dans les jardinsdébut février2018 026

Quant au Transpacific, il attend toujours sur l’île aux marins la sirène qui viendra jouer dans ses flancs, qui sait, peut-être au printemps?début février2018 017

Alors, il est pas beau , cet hiver?