L’Hiver s’installe…

Les fêtes approchent à grands pas et l’hiver se met en scène tout en beautédec concert diamant bois2017 021

Les maisons assurent côté couleur quand l’horizon fait grise minedec concert diamant bois2017 022

Invitation à la rêverie, le banc solitaire attend le promeneur face aux falaises de Langladedec concert diamant bois2017 024

L’oiseau se laisse aller au gré des ventsdec concert diamant bois2017 027

Le ciel se fâche…dec concert diamant bois2017 030

puis s’éclaire à nouveaudec concert diamant bois2017 032

Quand la neige devient lumièredec concert diamant bois2017 035

le sol se ride et la pointe du Diamant mérite bien son nom.dec concert diamant bois2017 037

Le retour des Jedi….et du cinéma!

jediMiracle à Saint-Pierre ( normal,le nom s’y prête)

Me voilà bien!

Après des décennies de confortable mécréance, je crains de devoir à nouveau croire au père Noël.

C’est la saison, certes, mais quand même! Il y a quelques semaines, je pleurai sur l’absence de cinéma à Saint-Pierre et voilà que ce vendredi, le grand écran nous revient avec, incroyable, la sortie nationale du dernier Star Wars.

L’archipel, synchro avec le 7ème Art de Métropole…

Du jamais vu! Alors forcément, j’en déduis que le père Noël, non seulement existe mais qu’en plus il est à la page.

Moi qui croyais dur comme bûche qu’il avait fini par mitonner ses rennes en ragoût festif, je suis bien obligée de faire mon mea culpa. Si ça se trouve, on va même se retrouver autour d’un grog le soir du Réveillon. Qui sait? À l’âge qu’il doit avoir, impossible de l’imaginer rancunier. Allez! J’ose! Demain, c’est promis, je lui envoie ma liste et s’il pouvait s’abonner aux Cahiers du cinéma ou à Première ( les deux , ce serait top!) j’envisagerai d’étendre ma conversion à la Mère Noël. Parce qu’ici, voisins de l’Amérique du nord, on a aussi la Mère Noël…pour le reste de la famille, je ne sais pas, ils voient peut-être trop d’enfants d’un seul coup d’un seul pour avoir eu envie d’en profiter toute l’année, et puis avec les lutins, ça aurait fait trop , non?

Retour d’Ulysse à Saint-Pierre, Eugène Nicole, 2017

ulysseUne fois n’est pas coutume, je vais commencer par la fin, plus précisément par l’épilogue:

«  Romancier de mon microscopique archipel, je ne perds pas de vue que mes personnages sont aussi (parfois) mes lecteurs. »

Au risque de plagier très respectueusement l’auteur, j’ajouterai que lire Eugène Nicole à Saint-Pierre est une expérience tout aussi singulière que celle dont il parle.

En effet, à ce qu’on lit ce superpose ce qu’on sait, ce qu’on a entendu ou cru, et les lieux parcourus par le narrateur sont comme les palimpsestes des lieux disparus. Ainsi, la maison natale de l’auteur renaît sous le Cochonnet Saint-Pierrais, pied de nez à ceux qui n’ont pas su ou pas voulu en faire un lieu de mémoire.

L’Ulysse évoqué par le titre est celui de Joyce mais c’est le sonnet de Du Bellay qui me trottait dans la tête à la lecture du roman d’Eugène Nicole, « Heureux qui comme Ulysse.. »

Des voyages, le narrateur en a fait , poète parfois désabusé qui sans cesse renoue les fils de son passé et ceux d’un présent qu’il ne reconnaît pas toujours. Quand il évoque la destruction des vieux bâtiments de la ville, on ne peut s’empêcher de penser que cette année encore, il y a quelques mois, l’un d’eux disparaissait sous les coups des pelleteuses.

L’écriture a l’élégance proustienne de l’amoureux des mots et s’il déplore le côté « Clochemerle » de son caillou, écueil difficile à éviter, c’est toujours avec la bienveillance de celui qui, parce qu’il est d’ici, réécrit la mythologie de son archipel autant à travers la tradition orale qu’à travers sa mémoire et la réalité plus prosaïque de l’Histoire.

Lire Eugène Nicole, c’est s’approcher de ce que vivre ici peut vouloir dire pour ceux qui y sont nés, c’est retrouver le nom des rues d’avant, c’est distinguer derrière les lignes de l’écriture la silhouette de l’écrivain qui toujours revient arpenter la montagne et les rivages de ce petit bout de terre battu par les vents.

Cinéblues

écranSaint-Pierre et Miquelon.

Aussitôt dits, ces mots font se lever dans les esprits, pèle-mêle, les brumes de Terre-Neuve, le Crabe-Tambour, la grande pêche, l’isolement insulaire…

On pense alors rarement à l’archipel tel qu’il est actuellement et si on arrive à le situer correctement , ce qui est peu courant, d’aucun l’associant curieusement aux cocotiers, on l’imagine un peu en recul, figé dans un temps et délaissé des lumières du XXIème siècle, en particulier celles de la culture.

Grossière erreur! Les associations pullulent sur le caillou comme sur la grande île . Ici on peint, on chante, on danse ( beaucoup et dans tous les styles), on fait du sport, de la musique, de la restauration de doris, de la sculpture…Impossible d’énumérer de façon exhaustive toutes les activités proposées. Choisir est un casse-tête et on se retrouve souvent, par excès d’enthousiasme, à devoir jongler avec un agenda de ministre!

Il y a des expositions de peinture, une médiathèque active, du théâtre, des concerts, des musées…mais pas de cinéma, du moins à Saint-Pierre.

Alors? Qu’est-il arrivé au 7ème Art pour que, depuis le mois de juin,il ne soit plus possible de se « faire une toile » . Tous les habitants de France et de Navarre devraient pourtant avoir cette possibilité, l’archipel serait-il passé dans une autre dimension dans laquelle ce plaisir nous serait refusé?

La phénomène est d’autant plus incompréhensible qu’en septembre, on nous avait très officiellement annoncé au JT l’investissement dans un nouveau matériel qui nous permettrait de voir des films plus récents.

Résultat quatre mois plus tard? Si auparavant il fallait attendre le jeudi pour aller au cinéma du Centre culturel et sportif, on est depuis tranquille toute la semaine. L’écran semble avoir rendu son tablier blanc.

Si encore on nous avait passé en boucle la chanson d’Eddy, vous savez? «  La dernière séance »? on s’y serait fait doucement…

Bien sûr, on peut toujours regarder la TV mais le Cinéma, celui qui vous fait rire, frémir, soupirer d’aise ou d’émotion au diapason de toute une salle, celui-là manque cruellement.

Le site Cheznoo annonçait un cinémathon pour ce week-end, j’ai failli me lancer dans un numéro de claquettes improvisé tant la nouvelle me semblait prometteuse, sauf que cela se passe à Miquelon et qu’à moins de prévoir la traversée, Saint-Pierre devra cette fois encore se contenter du petit écran.

Alors, vous savez quoi demander au Père Noël…rendez-nous le 7ème Art pour les fêtes!

Réveillon, Pierre Mérot, 2017

reveillonO.L.N.I

Ben oui, objet littéraire non identifié…

Littéraire sans aucun doute, on y parle d’ailleurs beaucoup de l’écriture et de ses coulisses, certains personnages étant éditeurs, auteurs, artistes ou tout simplement lecteurs. Les premiers chapitres, courts, présentent une galerie de personnages, locataires ou propriétaires du même immeuble parisien.

De la concierge blogueuse au critique aigri en passant par le sex addict ou les trois Parques, cette succession de portraits laisse plutôt perplexe. Où donc va mener tout cela?

Lorsqu’un des « héros », Vadim, écrivain de son état, songe:  » au fond, un roman aurait dû comporter le même nombre de chapitres qu’il y avait , à un moment donné, de personnes sur Terre », on frémit tant le programme semble chargé. Nous voilà bien!

Heureusement , l’auteur a réduit la Terre aux dimension d’un immeuble sans quoi nous nous retrouvions à lire un seul et unique livre jusqu’à ce que mort s’ensuive!

On a donc pour résumer: des vieux, très vieux, des jeunes ( plus ou moins), des belles, des moins belles, un mainate, un hamster, du sexe et pour clore cette liste à la Prévert, un énorme nuage psychédélique qui survole Paris.

La PDG du roman définit ainsi le manuscrit qu’elle déchiffre: « Un foutoir…Artificiel…On attendait vainement quelque chose, un tournant…La vraie vie… »

Cela sonne un peu comme une mise en abyme car personnellement, c’est l’effet que m’a fait la lecture de ce roman. Le procédé narratif m’a rappelé celui de Claude Mauriac dans La marquise sortit à cinq heures, en moins romanesque…

La fin parait sortie d’un délire sous psychotropes mais on est soulagé de voir se réunir les fils du texte, sorte de patchwork assemblé dans une folie à la Raymond Queneau.

Verdict?

Nuancé. Le roman est original, les personnages suffisamment loufoques pour intéresser mais la magie du nuage divin est un peu dure à avaler, même pour un soir de nativité. Tout se passe en effet le 24 décembre( le titre nous le soufflait à l’oreille)et si  les réflexions sur la vacuité de notre soif de consommation sont très justes, on y aborde aussi  nombre de sujets existentiels: solitude, amour, mort, bref, c’est loin d’être sans intérêt.

Une chose est sûre, les amateurs de singularité  apprécieront…quant aux autres, à voir après lecture!

 

Et pendant ce temps là, en montagne…

1_11_2017 002Si en ville, la fièvre de Noêl s’étend de guirlandes en commerces, la nature, elle, prend tranquillement ses quartiers d’hiver.

Les pousses de l’année se reposent sur celles, plus anciennes , qui ont déjà l’expérience des frimas de l’archipel.ferry2017 007

L’eau hésite , se froisse…

Ou se fige,ferry2017 011

en attendant le retour de la neige venue taquiner le port en novembre.

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Oh ferries ferries!

 

ferry2017 012.JPGBen oui, y’en a deux alors forcément,  le doublé est obligé!

Ce vendredi 1er décembre, animation et trafic inhabituel le long du quai en eau profonde. C’est que l’évènement est de taille, c’est aujourd’hui que l’Atlantic Winter débarque les deux ferries flambant neufs qui vont envoyer à la retraite le vieux Cabestan. ( Vous savez bien! celui qui nous chahutait bravement de Saint-Pierre à Miquelon , de Saint-Pierre à Fortune et vice versa)

Pas sûr qu’on le regrette celui-là ou alors en version nostalgie, le « c’était mieux avant » bien français qui ferait oublier les vitres embuées, opaques et le roulis redoutable que la gentillesse de l’équipage ne parvenait pas toujours à faire oublier!

Pour ne pas ajouter à l’encombrement routier inhabituel de ce vendredi matin, j’ai choisi l’option montagne. Ça tombait bien, le Suroît était justement entre ciel et mer , ce qui , vu d’en haut , n’était pas mal du tout…

Après , on verra ce qu’il a dans la coque à la première traversée, plus longue mais on l’espère, plus confortable!ferry2017 006