SHARKO, Franck Thilliez, 2017

sharkoAlerte à tous les lecteurs de Frank Thilliez! ( pour les autres, vous avez de la chance, plein de super-policiers à découvrir, de meurtres à élucider…frissons et lecture non stop garantis)

La dernière parution des aventures du duo de choc Hennebelle/Sharko  met nos deux policiers dans une bien fâcheuse posture.

On retrouve comme toujours chez cet auteur, une intrigue solide et bien ficelée, des tueurs particulièrement tordus, des flics borderline parfois dépressifs mais la nouveauté, l’idée qui fait tilt nous tient en haleine dès les premières pages.

En effet, au lieu de commencer par un crime crapuleux ou sadique, on plonge avec Lucie Hennebelle dans le cauchemar de ce qu’on pourrait appeler une bavure policière. Glauque? Oui mais non quand la bavure s’avère mener à bien pire. Impossible d’en dévoiler davantage sans risquer les foudres des amateurs de suspens.

Super polar en tout cas et ce qui ne gâche rien, plongée glaçante dans les coulisses du business de l’or rouge, autrement dit, le sang!

Desorientale, Negar Djavadi, 2016

desorienDes orientales, desorientales, un voyage au pays de l’exil et des souvenirs…

Si on est parfois perdu dans la complexité des conflits de la zone iranienne, ce roman est un excellent moyen de s’y retrouver. La narratrice, Kîmia, joue les Shéhérazade pendant qu’elle patiente dans la salle d’attente de L’Hôpital Cochin . Elle conte pour nous l’histoire familiale des Sadr, illustre lignée iranienne au pays des harems et des complots. De l’arrière grand-père, l’homme aux vingt-neuf enfants, au père révolutionnaire athée en passant par les oncles numérotés et les sœurs chahutées par la vie, c’est toute une galerie de personnages hauts en couleurs qui ressuscite de la mémoire de Kîmia. Avec elle on revit la montée au pouvoir du Shah, la répression, l’arrivée des islamistes. Les contradictions et les déchirures de la société perse sont décrites sans faux semblant, sans autre embellissement que celui du récit d’un auteur lui-même exilé. Elle démêle pour nous les différences entre factions chiites, sunnites et ce n’est pas rien!

L’écriture est souvent cinématographique, flash d’images marquantes :  » Au générique, des images de Paris, un matin ensoleillé. »

Negar Djavani est diplômée d’une école de cinéma et ce n’est pas anodin si elle utilise des mots parfois techniques comme « cut » ou « flash-forward ». Le résultat?

Plutôt plaisant.

L’intrigue se suit avec intérêt, on apprend beaucoup sur l’Orient, l’exil, la perte . La narratrice, personnage marginal ici comme là-bas, nous mène par le bout des mots jusqu’au point final.

Après , j’ai tout de même une préférence pour Marjane Satrapi et son Persépolis, qui, au début du moins, traite la même période mais en dessin cette fois!

 

Il pleuvait des oiseaux,Jocelyne Saucier, 2013

oiseauxIl pleuvait des oiseaux.

Des larmes et de l’amour aussi.

Le roman de Jocelyne Saucier est un pur bonheur.

Par sa forme d’abord: les premiers chapitres donnent successivement la parole à une photographe sans nom puis à deux « êtres de liberté » dont on découvrira le rôle peu à peu. Entre ces différents regards sur l’histoire, un chapitre court, une ou deux pages seulement dans lesquelles intervient un narrateur bienveillant mais laconique.

Par ses personnages ensuite: des octogénaires anachorètes liés par un pacte qui fait de chacun de gardien de la liberté de l’autre.

Avec l’arrivée d’une petite femme fragile, l’amour va s’inviter au soir de leur vie de la façon la plus curieuse qui soit.

L’action se passe dans le nord de l’Ontario, les hivers sont froids, les sentiments plus vrais peut-être et la nécessité de se préserver de l’extérieur vitale. On parle de la mort mais avec apaisement , un peu comme d’une vieille compagne que l’on a apprivoisé.

Beaucoup de poésie et d’émotion dans le récit, la tristesse se pare de beauté et on se prend à rêver à cette vie de liberté aux côtés de ses sages bourrus et passionnants.

Une cabane en forêt, un chien, des amis, quoi d’autre?

Millenium 5, David Lagercrantz, 2017

millenium

Dès les premières pages, on retrouve Lisbeth Salander, héroïne toujours aussi imprévisible et mal lunée.Elle est cette fois en prison ce qui n’a pas l’air de la déranger outre mesure. Non, ce qui la dérange, une fois de plus, c’est l’injustice, la brutalité et l’impunité de ceux qui ne reculent devant rien pour imposer la peur aux plus faibles.

Nouveau combat pour Salander qui va retomber sur de vieilles connaissances surgies de son enfance .

Blomkvist et sa sœur vont bien sûr voler à son secours ce qui n’empêchera ni les morts ni les coups. L’ombre des nationalistes de tout bord, le relent des expériences génétiques élitistes, la mafia russe, les islamistes radicaux, tout se croise en coulisse lorsque la folie des hommes s’exprime pleinement.

Un thriller qui tient ses promesses et perpétue la saga initiée par Stieg Larsson même si on devine un peu tôt à mon gout la clé de certains aspects de l’intrigue, moins complexe que celle des premiers tomes.

Le roman se lit néanmoins avec plaisir , la force des personnages créés par Larsson n’étant pas étrangère au phénomène.

Aphrodite et vieilles dentelles, Brunk Holmqvist, 2016 pour la traduction française

aphro

 

Un titre coquin pour un petit livre qui ne l’est pas moins et qui se lit comme une friandise d’automne.

Tilda et Elida sont sœurs.

Tilda et Elida sont vieilles.

Tilda et Elida n’aiment pas le changement et pourtant, c’est une véritable révolution qui va s’opérer dans leur vie lorsque la maison des voisins est vendue à un séduisant sexagénaire.

D’abord méfiantes, elles s’enhardissent et se lient d’amitié avec cet homme charmant dont les pétunias sont si beaux que cela doit cacher quelque chose.

Elles renaissent à la vie, à l’imprévu et décident de changements majeurs, c’est décidé, elles auront désormais des toilettes à l’intérieur de la maison, même s’il faut pour financer tout cela s’improviser chef d’entreprise à soixante-dix ans passés.

Une lecture bonbon aux personnages attachants, bien loin du « jeunisme » dont on nous rabat les oreilles, ça donne presque envie d’être centenaire!

 

Sphinx, Christian Jacq, 2016

s^hinxPourquoi ça marche?
Les clichés, on connait, c’est même leur définition, leur essence même. Alors qu’est-ce qui peut bien expliquer le fait que certains auteurs dont c’est le fond de commerce, en vivent et plutôt bien?
Je me suis posé la question en commençant la lecture de Sphinx, un des derniers livres de Christian Jacq qu’il n’est sans doute pas nécessaire de présenter. Je le connaissais par ses sagas égyptiennes et le titre m’a donné envie d’y replonger, la période des vacances scolaires se prêtant particulièrement bien à ce genre d’exercice.
Bingo! Dès les premières pages, on se fait prendre au piège d’un récit bien ficelé. Il y a des péripéties que l’on devine bien sûr, mais c’est peut-être là tout le charme du livre qui  pour une fois, a le bon goût de nous donner raison, ce qui dans la vie quotidienne n’est pas forcément gagné.
Les héros sont beaux gosses, ont du charisme et un sens de la justice à l’ancienne qui rappelle les westerns des années cinquante. L’amour est au rendez-vous du rêve que font naître les descriptions de paysages sublimes et de suites VIP, les femmes y sont fatales et le tout est saupoudré de mystère archéologique. On convoque l’Égypte, certes, mais aussi l’alchimie et les grandes luttes de l’histoire contemporaine. Le passé s’ancre dans le présent et nous tient en haleine.
Cerise sur le gâteau? La fin parvient à nous surprendre.
Lecture plaisir donc mais avec un zeste de pessimisme et de lucidité qui pimentent la recette.

La trilogie des ombres, Arnaldur Indridason, 2017 (pour la traduction française)

ombreAh! Le polar islandais….un monde où prolifèrent des écrivains de plus en plus lus et connus.

En ce qui concerne Arnaldur Indridason, sa Cité des Jarres m’avait laissée sous le choc, Hypothermie et Opération Napoléon avaient confirmé le verdict: j’étais addict, irrémédiablement!

Avec le premier tome de la Trilogie des ombres, changement de cap et d’époque, on se retrouve dans l’Islande de 1941. les jeunes filles du pays ont la tête tournée par les militaires venus occuper la place, anglais puis américains sont pour elles la promesse d’un changement, d’une vie plus moderne, plus facile peut-être. La description du pays en plein conflit mondial dévoile toute la complexité de cette période où les désirs des uns et des autres ne s’accordent pas forcément.

Un meurtre, une situation internationale troublée, l’ombre des nazis qui fascine ou révulse, des ingrédients de choix pour un auteur de talent. Si les deux enquêteurs débutent dans le métier, c’est que la section criminelle de la police locale n’est pas vraiment une priorité au vu du nombre d’habitants, aussi l’effectif se réduit-il à une seule personne à laquelle vient prêter main forte un enquêteur militaire tout aussi jeune et inexpérimenté. Leur bonne volonté fait merveille, leur humanité aussi.

Vite! La suite!

Petite balade d’automne

Pour commencer l’automne en beauté, petit tour de l’archipel…en images bien sûr!

septembre2017 001D’abord, Saint-Pierre est une ville colorée, bien loin de la grisaille qu’on associe parfois aux fameuses brumes de Terre-Neuve.

On y trouve des forêts, certes boréales mais bien présentes.

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Mer ou montagne, ici , pas besoin de choisir, même l’île aux Marins allie les deux sur moins de deux kilomètres de long!

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Les couleurs de l’automne rivalisent de nuances pourpres et orangées

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Les reflets de l’eau sont magiquesseptembre2017 037

il n’y a plus qu’à attendre l’Ondine…fin oct 2017 006

Sur le port, étrange monde à l’envers, miroir parfait…

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Halloween au soleil pour en finir avec octobre et commencer joliment novembre…

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Alors? Qui veut venir visiter?

Le gang des mégères inapprivoisées ou comment kidnapper un mari quand on n’a rien pour plaire, Tom Sharpe, 2010

GRRRRRR!mégères

Trop déçue!

Moi qui me réjouissais de retrouver l’humour ravageur du si britannique Tom Sharpe, son Gang de mégères me laisse furax.

L’intrigue est aussi mièvre que les romans à l’eau de rose lus par un des personnages du roman. Les jeux de mots tombent à plat, l’histoire manque d’intérêt et la fin est pliée en deux temps trois mouvements, comme si le contrat était rempli et qu’à telle page il fallait absolument que cela se termine.

Là où le quatrième de couverture annonce une « farce échevelée, explosive et hilarante », je n’ai trouvé qu’un pétard mouillé qui ne m’a arraché que quelques rares sourires. Ça m’apprendra à faire confiance…

Allez! Je vais rester optimiste, on va dire que c’est un coup de mou et que l’auteur va vite retrouver sa verve, n’empêche, je vais attendre un peu avant de relire sa prose!