jourEn 2013, Sorj Chalandon avait enthousiasmé les lycéens du Goncourt avec le Quatrième mur et je l’avais découvert à cette occasion, magistral dans la relecture d’une Antigone moderne confrontée au conflit israélo-palestinien.

En 2017, c’est un tout autre sujet qu’il aborde. Son héros et narrateur, Michel Flavent, a quitté l’enfance le jour de la mort de son frère.

Enfant du coron, lui n’est pourtant jamais descendu dans la fosse mais de la mine il sait l’essentiel: le quotidien, la peur, la crasse et la fierté du pain gagné mais aussi la malédiction du grisou, la silicose qui tue à coup sûr, en prenant son temps, le sentiment d’injustice.

D’un côté les mineurs qui donnent leur vie, de l’autre les patrons qui la monnayent, rognant sur les dépenses, négligeant la sécurité au nom du profit.

Lorsque sa femme meurt, Michel décide que l’heure des comptes a sonné et que la colère qu’il porte en lui doit être exposée au grand jour .

Les rites de la mine, la fascination et la peur qu’elle suscite rappellent le Germinal de Zola. L’écriture est efficace, poétique quand elle convoque le « tu frères encore » de Jacques Brel, émouvante toujours.

L’histoire captive et déroute. On croit tout savoir et on se trompe, la lecture nous mène par le bout du cœur et on suit le récit avec la conviction de partager un beau moment d’humanité. Pas de manichéisme ici mais un sens de la justesse qui touche.

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