Collationnez-vous par chez vous?

 

collation du vendredi

 

Non?

Vous ne savez pas ce que vous loupez! Quelques annexes en plus peut-être ( l’explosion du jean de vos seize ans vous renseignera vite fait) mais trop de bons moments en moins. Alors il serait temps d’exporter vers l’Hexagone cette spécialité saintpierraise et miquelonnaise, histoire de redonner le moral à ceux qui dépriment entre deux élections.

On peut éventuellement l’appeler goûter mais il serait dommage de ne pas utiliser un terme au charme si délicieusement rétro. La « collation », avouez, ça a un petit côté dames patronnesses du début du siècle dernier qui dépayse rien qu’à prononcer le mot.

Et donc, ici, les enfants collationnent le matin comme l’après-midi. Normal! Sauf que les adultes sont logés à la même enseigne au point qu’il vaut mieux éviter d’avoir une urgence à traiter à certaines heures stratégiques où la socialisation s’exprime autour d’un café gourmand. Dans le cas contraire, armez-vous de patience, il peut y avoir des collations prolongées: anniversaire, fête, promotion, départ, arrivée…

Mais que peut-on donc bien collationner?

À peu près tout ce dont on peut avoir envie, viennoiseries bien sûr, jus (ici on ne dit pas jus de fruits, ça fait gagner du temps!), café…

gouter

Personnellement j’ai un faible pour les roulés à la cassonade, lointains cousins du kouing-aman breton version canadienne, mais d’autres craqueront pour les macarons saintpierrais. De l’extérieur, ça ressemble à des truffes mais à l’intérieur….ben, vous n’avez qu’à venir goûter! Avant l’été, ce n’est pas recommandé si on veut que rien ne dépasse du maillot mais d’un autre côté l’eau étant à 17° au plus fort du mois d’août on peut toujours garder le short ou se la jouer en robe façon Marilyn. Elle devait faire un bon 44 et personne ne le lui reprochait!

Personnellement ce sera maillot ET collation, avec un peu de marche et de pelote basque, ça ne devrait pas trop effrayer les colonies de phoques qui font bronzette sur les rives de l’archipel. Bref! Que du plaisir!

Ah! J’oubliais! Mention spéciale à la collation du dimanche, grandiose chez papy ou mamie, à ne surtout pas louper!

Les vies multiples d’Amory Clay, William Boyd, 2015

Voilà un livre  estampillé « roman » et pourtant….

amoryD’abord, une photo du personnage principal ouvre le bal: photo datée textuellement et matériellement par les plis, l’usure du temps qui lui donnent un cachet d’authenticité évident. Ensuite, la narratrice prend le relais à la première personne et nous explique ce qui a poussé la photographe (elle) à appuyer sur le déclencheur, non pas pour cette première photo mais pour une autre, tout aussi réaliste, que l’on découvre quelques pages plus loin. Lire la Suite

Danser au bord de l’abîme, Grégoire Delacourt, 2016

danser

Des chapitres courts, très courts, parfois à la limite de l’aphorisme, soixante-douze exactement dans la première partie, égrenés comme un compte à rebours, celui du désir qui envoie tout balader. Cent- vingt- sept ensuite, enfin dans l’ordre logique des toutes-puissantes mathématiques, pour reconstruire un personnage fracassé par la vie et l’espérance déçue d’une intensité qui n’est qu’effleurée.

Le trio classique: une femme, deux hommes, est très joliment revisité. la passion emporte tout sans se soucier du reste et tant pis pour ceux qui aiment sagement.

Ce que j’ai préféré dans ce roman? la chèvre de Monsieur Seguin, contre-point qui ponctue les scènes de cette « danse au bord de l’abîme », nous rappelant que la raison est impuissante quand le cœur s’emmêle/s’en mêle. L’héroïne du roman lutte courageusement comme la petite chèvre blanche d’Alphonse Daudet et quand vient l’aube, pas de regret, ce qui est perdu l’est définitivement mais la vie reste la plus forte, égoïste et triomphante. Le mari, les enfants, la maladie qui culpabilise, le regard des autres et celui qu’on porte sur soi, tout cela est très justement décrit, par petites touches efficaces qui trottinent dans la tête une fois le livre refermé. L’écriture n’est pas inoubliable mais voilà une lecture de printemps plutôt sympathique!