Du cousu-main!

C’est ce qui me vient à l’esprit à la lecture de l’intrigue « so british » du très bon roman de Jonathan Coe Numero 11, même si l’expression exacte devrait être plutôt « tissé-main »…

Pourquoi? Impossible de le dévoiler, ce tissage là prend sens dans les toutes dernières pages, croisement de cinq récits qui pourraient être lus séparément mais qui pourtant s’enrichissent mutuellement et se font écho .

La construction du roman est irréprochable, les personnages délicieusement surprenants, de la lesbienne noire unijambiste à la prof canon reine des glaces et des cœurs sans oublier le flic intuitif, le méchant de service et même…le monstre tapi dans le noir.

Le contexte est celui des scandales financiers, constat ironique et désabusé sur le règne des riches toujours plus riches et des puissants toujours plus puissants. Ce sont eux qui mènent le monde et le font tourner à l’envers. L’auteur nous les montre à la façon d’un entomologiste : espèce cruelle et curieusement creuse, handicapée du bonheur qu’ils n’arrivent pas à acheter même en chiffrant à tour de bras.

Combien vaut la beauté d’un lac, un sourire, une vie? C’est le genre de questions soulevé par Jonathan Coe.

La démarche est passionnante et on referme son livre à regret, la tête pleine et les idées en ébullition.

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