Céline Minard 2016. Quelle écriture va-t-elle choisir cette fois?

Son Bastard Battle , croisement improbable de Kill Bill et des douze salopards m’avait enthousiasmée en 2008. Les personnages? Évadés de manga, samouraïs déchus, scribes et/ou sinistres crapules, tous s’étripaient dans un combat contre un méchant truculent à souhait , combat dont l’issue importait finalement moins que le spectacle offert. La langue choisie était celle de Rabelais métissée de germanismes, anglicismes et autres trouvailles qui finissaient par vous faire croire que « Raus! Merdaille! » est le juron le plus naturel qui soit.

Le Dernier monde, publié en 2007 mais lu en 2008 également ( l’année de la découverte, quoi!) changeait radicalement l’idée que je me faisais de l’auteur. Ce récit apocalyptique met en scène le tout dernier homme. La première partie du roman est formidable. Que devient-on lorsqu’on se retrouve absolument seul et dernier survivant d’une espère éteinte? La fin m’a moins convaincue mais quand même intéressée. D’ordinaire ce genre de récit rebondit sur la découverte d’un autre survivant, lieu commun évité ici avec brio. Alors, Minard, auteur d’anticipation ou pas?

2010: Olimpia. Nouveau changement à 90° et le quatrième de couverture du Grand Jeu qui évoque le « style acéré » de l’auteur a du passer à côté tant l’écriture diffère. C’est en effet un unique monologue, celui d’une courtisane en colère dont la logorrhée maudit Rome et son amant , le pape Innocent X ( il porte bien mal son nom celui-là mais l’histoire en a vu d’autres…)

Nathalie Richard a donné sa voix au texte dans une lecture mise en scène pour la première fois au studio du Grand R de La Roche sur Yon et c’est un souvenir marquant tant les phrases avaient de force dits par cette actrice, dans cette salle intimiste. Tantôt murmure, tantôt grondement, elle nous emportait vers un autre temps, un autre lieu.

Les Ales, croisement de mots et d’images m’ont plu, sans plus mais en 2013, le coup de foudre: Faillir être flingué.

Cette fois l’univers du western avec vaillants colons, indiens ambigus, cowboy pro de la gâchette et ….violoncelliste sexy flirte avec aventure, amour et grands espaces. Un pur bonheur! Les personnages se présentent peu à peu, on sent qu’ils vont finir par converger et tout le plaisir de la lecture est dans cette attente qui une fois comblée ne déçoit pas d’un iota!

Autant dire que la barre est haute. Lors d’une rencontre avec des élèves de première ES qui avaient découvert et travaillé sur Bastard Battle , l’auteur avait dit chercher à explorer tous les genres et vouloir essayer à chaque fois une nouvelle forme littéraire.

Le Grand Jeu fait penser au récit d’aventure ou d’exploration. La narratrice s’isole en montagne, choisissant de vivre dans un nid au confort spartiate mais moderne, accrochée à une paroi rocheuse, cela en totale autarcie. Les détails matériels de son installation, le vocabulaire technique de la grimpe, les précisions sur la faune, la flore et la géologie rendent crédible le récit, les interrogations philosophique sur l’existence aussi. On ne saura pas pourquoi le personnage en est venu à se retirer du monde et au fond , cela n’ a pas d’importance car le récit finit par lasser. L’arrivée d’une nonne alcoolo et peu bavarde bouscule un peu tout ça et redonne envie de lire mais si je suis allée au bout du roman, c’est plus par fidélité à un auteur qui m’est sympathique que par intérêt pour ce qui se passe dans ce petit bout de montagne.

Conclusion? Vivement le prochain bouquin!

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