oreilles

Ça commence par un anniversaire. Le 56ème plus exactement.

Et puis non, ça commence par le saut des baleines amoureuses, c’est là, dès la première page, que naît le coup de foudre.

La magie de la lecture est foudroyante , Les oreilles de Buster se savourent et une fois le roman achevé, je sais que j’y reviendrai, pour le plaisir et l’espoir d’y trouver de nouvelles pépites à la lueur de ce que je saurai de ma première rencontre avec la prose de Maria Ernestam.

Les personnages sont « issus de l’imagination de l’auteur », c’est ce que dit la postface mais les mots sont si justes que cela semble impossible à croire. La narratrice, Eva, déploie des trésors d’ingéniosité pour survivre à son enfance et à l’égocentrisme de sa mère. Un extrait pour donner une idée des dégâts que cause une telle relation?

« Elle décidait du cours de son existence sans se soucier de ce qu’en pensaient les autres. « Les autres ». J’étais une personne parmi tant d’autres vagues connaissances, collègues et amis qui s’accommodaient de ses décisions; elle n’appliquait pas de gradation à cette masse informe, son égoîsme n’était pas échelonné. Il n’y avait qu’elle…et le reste »

La lutte est âpre, terrible, l’amour jamais très loin de la haine qui protège parce qu’un enfant espère toujours, même quand il a grandi . On est surpris, ravi jusqu’à la toute dernière ligne. L’écriture est mordante, l’ironie jamais gratuite. Un régal!

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