Le ver à soie , Robert Galbraith, 2014


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Dans Le ver à soie, on retrouve avec plaisir Cormoran Strike, détective privé de choc et sa secrétaire de charme pour une nouvelle enquête . Le duo opère cette fois dans le milieu choisi de l’édition.

Une disparition, des auteurs à l’égo sur dimensionné, à la cour du potin mondain, les écrivains et ceux qui gravitent autour d’eux semblent tenir le haut du pavé.

Le champagne et les paillettes n’empêchent pas les rancœurs et les coups bas. On ne peut s’empêcher de penser que l’auteur des Harry Potter doit bien connaître cette vitrine là…

Les personnages du premier roman évoluent peu à peu en échappant à une intrigue sentimentale trop convenue mais qu’on se prend parfois à espérer. On cherche les indices, on gamberge, bref, un polar qui se lit bien!

L’Appel du Coucou de Robert Galbraith , Grasset, 2013


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Le charme des enquêtes « à l’ancienne »

Pas de crime sadique ou de tueur en série mais un suicide décortiqué par les tabloïd, rabâché dans la presse jusqu’à l’écœurement et l’indifférence générale. Une affaire classée en somme, sauf que…c’est là qu’apparaît LE détective. Celui qu’on associe à Bogart et au faucon maltais. Solitaire, un peu alcoolo , loser au bureau miteux avec évidemment LA secrétaire canon qui se rend vite indispensable. Mais si les clichés ont la vie dure, c’est bien à cause de leur redoutable efficacité et du plaisir qu’ils procurent. L’auteur s’en set ici avec maestria en campant deux personnages émouvants. Lui, ex-militaire revenu d’Afghanistan, éclopé par la guerre et la vie. Elle, fiancée, enthousiaste et enchantée de son nouveau travail si ce n’est de son nouveau patron.

Tout cela dans le milieu du mannequina et des mariages d’intérêt. Ambiance mondaine et hypocrisie garanties!

Les indices sont maigres, on revient méticuleusement vers les faits à la recherche de la vérité, un peu comme dans un Agatha Christie et comme J6C Rowling est aux commandes derrière le pseudonyme de Galbrach, c’est avec intérêt qu’on attend de lire la suite de ce qui est annoncé comme une trilogie policière. La galerie de seconds rôles qui gravitent autour de la victime est croquée avec pittoresque et précision, le décor londonien joue sa partition attendue entre Tamise et brouillard, certains personnages croisés puis délaissés donnent envie d’être rencontrés de nouveau alors…suite au prochain épisode!

La Sainte Famille, Florence Seyvos. éditions l’Olivier,2016


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Encore un roman « familial », le titre est sans ambiguïté. C’est le point de vue de Suzanne d’abord mais aussi parfois celui de son petit frère Thomas ou encore celui d’un narrateur externe qui nos décrivent les membres de cette famille assez ordinaire. Divorce, amour ou indifférence, les petites choses de la vie, les blessures de l’enfance, les moments de bonheur simple créent un tableau qui sonne juste même si la comparaison du 4ème de couverture avec « les enfants de Henry James » me semble inappropriée.

La maison du souvenir de Suzanne a beau être inquiétante, elle est loin de susciter le malaise troublant du décor inoubliable du Tour d’écrou!

Une lecture agréable donc mais pas aussi marquante qu’on aurait pu l’espérer..

Les oreilles de Buster, Maria Ernestam, Actes sud, 2013


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Ça commence par un anniversaire. Le 56ème plus exactement.

Et puis non, ça commence par le saut des baleines amoureuses, c’est là, dès la première page, que naît le coup de foudre.

La magie de la lecture est foudroyante , Les oreilles de Buster se savourent et une fois le roman achevé, je sais que j’y reviendrai, pour le plaisir et l’espoir d’y trouver de nouvelles pépites à la lueur de ce que je saurai de ma première rencontre avec la prose de Maria Ernestam.

Les personnages sont « issus de l’imagination de l’auteur », c’est ce que dit la postface mais les mots sont si justes que cela semble impossible à croire. La narratrice, Eva, déploie des trésors d’ingéniosité pour survivre à son enfance et à l’égocentrisme de sa mère. Un extrait pour donner une idée des dégâts que cause une telle relation?

« Elle décidait du cours de son existence sans se soucier de ce qu’en pensaient les autres. « Les autres ». J’étais une personne parmi tant d’autres vagues connaissances, collègues et amis qui s’accommodaient de ses décisions; elle n’appliquait pas de gradation à cette masse informe, son égoîsme n’était pas échelonné. Il n’y avait qu’elle…et le reste »

La lutte est âpre, terrible, l’amour jamais très loin de la haine qui protège parce qu’un enfant espère toujours, même quand il a grandi . On est surpris, ravi jusqu’à la toute dernière ligne. L’écriture est mordante, l’ironie jamais gratuite. Un régal!