Il y a de la gourmandise dans le nouveau roman de Régis Jauffret. Gourmandise de ses « cannibales » bien sûr mais surtout gourmandise des mots. Dans un trio très théâtral, les échanges épistolaires à l’ancienne filent la métaphore avec un plaisir communicatif. On peut trouver excessif les caractères des personnages mais la langue est jubilatoire. Noémie, jeune femme superbe mais pour le moins fantasque écrit à la mère de son amant pour l’avertir qu’elle vient de rompre. Les deux femmes commencent alors une correspondance effrénée glissant de la haine à un « tout autre chose » qu’il serait criminel de dévoiler. Leur lien: ce Geoffrey bedonnant et décevant dont elle fantasment la disparition, l’anéantissement si possible après dépeçage et consommation. Digérer celui qu’on a aimé, quel programme!

Ce roman épistolaire est décidément un plat qu’il faut goûter et pourquoi pas mettre en scène? Trois personnages, de l’amour, de la haine, ça donne envie…cannibales

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