À LIRE ABSOLUMENT! D’autres vies que la mienne, Emmanuel Carrère, 2010

carrere« L’Adversaire », « La Moustache » m’avaient fait découvrir Emmanuel Carrère avec un intérêt tempéré par le côté austère, parfois brutal des récits qu’il choisissait de faire.

Le titre de ce livre, « D’autres vies que la mienne », m’a pourtant suffisamment intriguée pour me donner envie de replonger et je ne l’ai pas regretté!

Le sujet est sombre, terrible puisqu’il touche, et je cite ici le 4ème de couverture, les « deux évènements qui (me) font le plus peur au monde: la mort d’un enfant pour ses parents, celle d’une jeune femme pour ses enfants et son mari ».

Une toute petite fille, une jeune maman…de quoi verser dans le sordide ou le mélo sauf que….

Emmanuel Carrère choisit de raconter « d’autres vies que la sienne » en restant à sa place d’auteur alors même que les deux Juliette dont il nous parle sont réelles et qu’il les connaissait. Il ne nous cache ni son soulagement d’être vivant ni sa part d’ombre et d’égoïsme, part qui existe chez tous mais que peu ont l’honnêteté » de reconnaître.

Le premier récit est donc celui de la disparition d’une enfant pendant le Tsunami qui dévaste le Sri Lanka en 2004. La vague coupe l’île en deux et l’horreur, décrite avec sobriété  côtoie l’hôtellerie de luxe. Ceux qui s’en sortent, ceux qui ont perdu des proches, ceux qui luttent, ceux qui abdiquent, ils sont tous là et la description des faits, des paroles, des gestes est d’une redoutable efficacité.tsunami

Le narrateur est à la fois touché et spectateur mais il en ressort plus humain car ce qui frappe dans tous les malheurs décrits, c’est l’importance de l’humain. Les rapports au sein du couple, la confiance, la peur font de ces êtres de papier des gens « à leur juste place » et l’expression touche juste. On ne peut pas vraiment parler de personnages dans ce genre de récit mais chaque personne décrite nous devient chère et crée l’empathie dans ce qu’elle a de plus positif.

Le second récit, intimement lié au premier par la similitude des prénoms féminins et son rapport avec l’épouse de l’auteur ne dit pas autre chose et touche peut-être plus encore.

Le cadre est moins exotique, le drame plus ordinaire, si l’on peut qualifier d’ordinaire un cancer, mais là encore la priorité est donnée aux relations qui unissent ceux qui s’aiment. Les réactions face à la mort sont différentes mais elles ont ici une dignité bouleversante. Finalement l’écriture crée l’émotion tout en finesse, tout sonne juste et on achève la lecture ému mais heureux de vivre. Livre  « de commande » selon l’auteur, livre cadeau qui donne envie de profiter de tous les bonheurs du quotidien et surtout d’aimer!

Tous les vols mènent à Saint -Pierre…

Enfin presque car pour quelqu’un de Métropole, aller sur l’archipel, même pour y chercher les clés du paradis se révèle parfois digne d’un parcours du combattant!

Si vous pensez naïvement qu’il suffit de pousser la porte d’une agence de voyage, vous risquez d’être surpris, d’abord par les prix (plus de 1200€) ensuite par la difficulté à trouver une agence qui a la compagnie « Air Saint-Pierre » dans son logiciel. En effet, cette compagnie ayant le monopole des arrivées sur Saint-Pierre se révèle incontournable mais pas toujours joignable pour une agence de …La Roche sur Yon par exemple, qui vous demande gentillement d’aller chercher votre billet à Nantes. Pas vraiment pratique mais bon, admettons l’intérêt de la balade.perplexe

Vous voilà donc au comptoir, un peu refroidi par le tarif annoncé via Montréal. Qu’à cela ne tienne, peut-on passer ailleurs?avion2

Là, ça se gâte, personne n’a l’envie ou l’énergie de vous chercher d’autres solutions, vous vous retrouvez donc face à l’ordinateur, errant de vol en vol et découvrant avec effarement les différences de prix, de durée et de distance qui vous séparent du Graal!

En effet, le chemin le plus droit n’est ni le plus court ni le moins cher, allez y comprendre quelque chose !et si l’été , on peut s’en sortir assez facilement en passant par Dublin ou Londres puis Saint John’s à Terre Neuve , dès septembre, ces vols là disparaissent. Dommage, on peut décoller avec eux pour moins de 800€.

Restent donc les solutions à rallonge, on peut ainsi partir de Paris pour Londres, puis Halifax ou encore faire un Londres/Ottawa/Halifax ou encore un Paris/Francfort/Saint-John ou pourquoi pas un petit tour à Toronto?avion1

Le tout en surfant sur les vols lowcost et les correspondances, le nombre d’aéroports à Londres compliquant l’affaire et certaines compagnie vous envoyant à Paris prendre l’avion à Beauvais, bref, de quoi passer un certain temps perplexe face au clavier!

Heureusement que l’archipel vaut le détour!

Finalement avec un peu de pratique, vous devenez une pro de la recherche de vols et les vacances vous offrent l’occasion de fignoler vos déplacements aux petits oignons, de quoi donner envie à tout le monde de venir faire un tour « chez nous »!sortie_zodiac_aout_2016 108