Berezina, Sylvain Tesson, édition Guérin, 2015

Invité au salon du livre de Saint Pierre et Miquelon en mai 2015, Sylvain Tesson présentait ses récits de voyage , et ses titres: « S’abandonner à vivre », « Une vie à coucher dehors », « Dans les forêts de Sibérie » semblaient promettre au lecteur humour et dépaysement.tesson

Sa Bérézina à peine débarquée sur les présentoirs de la bibliothèque saint-pierraise s’est donc retrouvée chez moi assez naturellement et je ne l’ai pas regretté.

C’est en effet un grand plaisir que de suivre les pas de Napoléon à la suite de l’auteur. Dialogue avec la légende, écho de la déroute dont nous avons tous des images un peu stéréotypées, Sylvain tesson nous embarque dans sa drôle de machine à remonter le temps.

À bord de son side-car, antique résurgence de l’ère soviétique, aiguillé par la vodka et l’amitié de ses compagnons, il rappelle l’horreur de la débâcle aux « civilisés » que nous sommes mais aussi le charme de l’esprit slave et la grandeur des humbles qui donnaient leur vie sans compter , emportés par la légende napoléonienne.

Le livre refermé, des images d’espaces glacés s’invitent et donnent une furieuse envie de relire Tolstoï!

Le sixième sommeil,Bernard Werber, 2015 éditions Albin Michel

Je connaissais le Werber du cycle des fourmis, je découvre ici celui des rêves, ceux que l’on fait, ceux qu’on oublie mais aussi ceux que l’on peut modifier ou qui vont changer notre vie.werber

Lecture plaisir où on en apprend beaucoup sur les vertus du sommeil, continent fascinant qui reste mystérieux à plus d’un titre.

L’intrigue nous emmène de Paris à la Malaisie où les Sénoïs ont fait de l’art de dormir un art de vivre. Que dire d’autre?

Le personnage principal est certes un scientifique mais ses peurs et ses désirs ressemblent aux nôtres et le récit de son éducation peu ordinaire est une leçon de sommeil qui peut donner des idées à bien des parents!

si on ajoute à cela quelques mercenaires, histoires d’amour et de trahisons, un soupçon de fantastique, la recette fonctionne forcément!

Jeux d’eau et de cabestans

Il y a une heure d’intervalle entre la prise des premières et des dernières photos, entre-temps, la brume s’est invitée…28juin2016fete kerelle 03528juin2016fete kerelle 03628juin2016fete kerelle 02128juin2016fete kerelle 037

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naufrage champêtre?
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En voilà un qui m’a suivie le long de la grève

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Ravages de l’hiver et des embruns?

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Le samedi au soleil

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Entrer une légende

Les fleurs poussent à côté des arbres morts

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Mouettes montagnardes?

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L’éveil des carnivores…

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Jeu d’optique: l’île aux marins à l’accostage du caillou

À ce stade de la nuit, Maylis de Kerangal, 2012, parce qu’en 2013 comme en 1016, le voyage des migrants peut s’avérer mortel…

« Je me dis parfois qu’écrire c’est instaurer un paysage. Les îles, (…) sont pour cela des matériaux de haute volée, leur statut géologique amorçant déjà une écriture, portant un récit. Essaimées sur la mer, les îles surgissant comme des creusets à fictions, ou des aimants dispersés sur l’imaginaire »

À ce stade de la nuit, éditions verticales, page morbihannaise ( 56)

Cette citation ne peut que parler à une lectrice de l’archipel…satde nuit

À ce stade de la nuit est un curieux petit livre ( 74 pages à peine!) plein de poésie et d’images fortes.

À partir d’une nouvelle tragique diffusée à la radio, la narratrice convoque toute la richesse de son imaginaire pour que se côtoient le naufrage de la noblesse italienne du Guépard de Visconti et celui des migrants de Lampedusa venus rêver d’une vie meilleure dans un voyage vers un Occident qui ne veut pas d’eux.Les mots créent des ponts et des réalités qui existent dès qu’on les nomme, le pouvoir de l’écriture est ici à l’œuvre dans toute sa poésie

2016 est l’année du bicentenaire du rattachement de Saint Pierre et Miquelon à la France et certains disent qu’aujourd’hui, on n’aurait plus le courage de tout quitter pour une terre nouvelle et peu hospitalière. C’est oublier tous ceux qui risquent leur vie aux portes de l’Europe en se délaissant ce qui faisait leur quotidien. Nous ne sommes plus en 1816 mais le parallèle est facile et l’éloignement géographique ne doit pas nous rendre aveugles aux malheurs du vieux continent.

Maylis de Kérangal, par son amour du verbe, par ses choix maitrisés , nous fait l’accompagner dans sa réflexion nocturne et la magie opère à la perfection. Ses énumérations convoquent le voyage et nous font rêver d’une humanité enfin ouverte à l’autre.

Ça dit? Ça pète!

perplexitéBon Dieu de Cristous, même s’il pleut à boire debout, du moment que la fournaise tourne, qu’il y a de la crème molle sur la place et pas de cochon de lait sous les portes barrées, la vie est belle à Saint-Pierre.

L’hiver, c’est rien drôle de faire des raquettes dans la brousse après un bon poudrin de choquette, l’été on se chique pas la raquette à chauffer car, oui, il fait bon ici et à l’automne , c’est une explosion de couleurs.

Vous n’avez pas tout compris? Venez dîner chez nous, je vous expliquerai mais attention! Dans l’archipel, on dîne à midi. Logique puisque le soir…on soupe pardi! Ou on va s’faire un skaf, ce qui revient au même. Lire la Suite