On peut lire sur la première de couverture: « Qui a tué Roland Barthes? »

Tout un programme, le fameux critique littéraire n’aurait donc pas été victime d’un banal accident de circulation…

Le début du roman est un régal, surtout lorsqu’on a fait des études de lettres: le milieu universitaire, ses linguistes, ses codes et son jargon sont rendus avec truculence.barthes

On croise au fil des pages tout le gratin d’une époque: BHL, Sollers, Sartre et pour nous guider ,deux personnages qui , s’ils semblent fort mal assortis, vont bientôt devenir inséparables: un flic et un jeune enseignant chargé de lui « décoder » le milieu.

Beaucoup de politique mais aussi de références à l’actualité des années 80, le face à face Miterrand/Balavoine ou les préparatifs électoraux, le Paris nocturne, l’homosexualité et surtout l’étude du langage et de ses fonctions.

La langue est au cœur de l’intrigue, son pouvoir n’a jamais été aussi grand, justifiant tous les excès, jusqu’au(x) crime(s).

Le souci est que l’écriture est parfois lassante dans ses procédés, ainsi pour les scènes d’action, le romancier choisit d’accumuler des phrases courtes qui toutes décrivent l’action d’un des  protagonistes. Or ils sont souvent nombreux et si le procédé donne du rythme , son côté systématique finit pas ennuyer. Enfin, c’est une remarque personnelle, j’ai tout de même été au bout du roman et certains passages m’ont beaucoup plu, le milieu intellectuel est particulièrement bien décrit et les tribulations de Philippe Sollers au fil des pages valent à elles seules le détour! D’ailleurs, pour le plaisir, je ne résiste pas à une « petite » citation d’une des logorrhées du Sollers de Laurent Binet à qui Foucault demande de faire un choix:

« Autant choisir entre Montaigne et la Boétie…entre Racine et Shakespeare… entre Hugo et Balzac…entre Goethe et Shiller…entre Marx et Engels …entre Merckx et Poulidor…entre Mao et Lénine…entre Breton et Aragon…entre Laurel et Hardy…entre Sartre et Camus(euh, non pas eux)…entre de Gaulle et Tixier-Vignancour…entre le Plan et le Marché…entre Rocard et Miterrand…entre Giscard et Chirac…entre Pascal et Descartes…entre Trésor et Platini…entre Renault et Peugeot…entre Mazarin et Richelieu…entre la rive gauche et la rive droite…entre Venise et Rome…entre Mussolini et Hitler…entre l’andouille et la purée… »

Le tout entre deux bouffées de cigarette, étourdissant, Non?

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s