La vie très privée de M Sim, Jonathan Coe, 2011

De Jonathan Coe, j’avais déjà lu « Testament à l’anglaise » , le roman m’avait parfois paru long mais intéressant puisque malgré les digressions dont l’auteur semble coutumier, j’avais été au bout du voyage.

Dans « La vie très privée de Mr Smith » c’est d’un autre voyage qu’il s’agit, celui qui nous fait vagabonder en compagnie du narrateur et héros, looser de premier ordre, un peu terne, un peu perdu. Plaqué par sa femme, incapable de communiquer avec son père parti en Australie, dépressif sans grande originalité, on va pourtant s’attacher à ses pas dans ce qui est présenté comme une grande aventure: une virée au bout de l’Écosse en compagnie d’un GPS craquant rebaptisé Emma par le conducteur énamouré qui l’a programmée. But avoué? Faire la promotion de brosses à dents écolo au design révolutionnaire.coe

But réel? La réponse est moins claire; comprendre le passé, retrouver les gens qui ont compté dans sa vie ou trouver un sens à une existence singulièrement creuse. Autant dire qu’au bout de quelques chapitres, on se moque des brosses à dents comme de sa première chaussette!

L’humour très brittish du texte est parfois déconcertant mais l’auteur manipule son lecteur avec brio. Le dernier chapitre vaut à lui seul le détour!

Collation sur le caillou

Connaissez vous la collation? d’ailleurs, « collationnez »-vous sans le savoir?

C’est qu’ici, à Saint Pierre et Miquelon, il s’agit d’une véritable institution, ça commence dès la maternelle d’ailleurs. Si certains enfants ne déjeunent pas le matin, à 10 heures tout le monde sort sa « collation », opération répétée scrupuleusement vers 16 heures et cela, qu’on soit petit ou grand.

Pas étonnant que les rayons des pâtisseries soient parfois déserts dès le début d’après-midi!

Il faut dire que  la vie est chère ici mais les viennoiseries et le homard échappent à cette inflation  alors il n’y a plus qu’à se mettre au régime :roulés à la cassonade et crustacés, finalement pourquoi pas?roulés

Les roulés sont d’ailleurs délicieux et leur secret de fabrication m’échappe pour le moment, j’ai bien multiplié les tentatives à partir de recettes québécoises mais l’utilisation de la mélasse, habituelle ici, m’est tout sauf familière . Soit il y en a trop et ça dégouline, soit il n’y en a pas assez et c’est sec.

En désespoir de cause j’achète donc mes roulés ou j’en fais à la cannelle, moins dégoulinants, moins bons mais pas mauvais quand même!

En tout cas, les amateurs de douceurs sont comblés sur l’archipel et le goûter n’est pas réservé aux enfants. Quand le vent souffle dehors, personne ne dit non à un petit réconfortant…et pour être honnête, l’autre option pas chère et ravigotante ici, c’est l’alcool, curieusement fort peu taxé au vu des prix pratiqués alors entre un croissant et une vodka, mieux vaut choisir le premier, ça fait plus de dégâts sur les fesses mais bien moins sur les neurones!alcool