Ce sont les brumes d’Amsterdam qui portent le décor de ce roman publié en 2014. Les canaux labyrinthiques qui enferment la maison de l’héroïne me font d’ailleurs parfois penser à La Chute de Camus et à l’hypocrisie qui y est dénoncée.

miniature

Tout commence par des « funérailles ». Dès le premier chapitre, le ton est donné, on sait que le retour vers le passé qui suit ne finira pas en happy-end.

Le personnage principal,Nelly, est jeune, un peu naïve et pleine de bonne volonté dans son désir d’être une épouse et une citoyenne qui compte dans le paysage de la ville.

C’est sans compter les secrets d’une maison qui se révèle multiplier les pièges et les agressions. Une servante insolente, un africain regardé comme une bête curieuse, une belle sœur pleine de contradictions, un mari fuyant, voilà pour  le paysage privé. A  l’extérieur, un peuple industrieux, fier de sa richesse mais terrorisé par la crainte d’un Dieu qui ne semble pas connaitre la miséricorde et encourage au contraire délation et bassesses hypocrites.

Lorsque son mari lui offre une maison miniature, reflet fidèle de sa propre demeure, Nelly se fait un devoir de la meubler, à son goût, en opposition à la rigueur imposée par sa belle-sœur. Par défi aussi, vexée de recevoir ce qui s’apparente à un jouet malgré son nouveau statut d’épouse.

Sauf que…. les miniatures reçues sont si parfaites qu’elles semblent porteuses d’un message bien difficile à déchiffrer et que les malheurs vont bientôt s’accumuler sur la maisonnée, transformant la jeune fille en l’obligeant à faire des choix.

La description des intérieurs hollandais, les préoccupations commerciales ou religieuses nous emmènent par magie dans les couloirs du Rijskmuséum et la lecture transporte son lecteur .

Cela faisait un moment qu’un roman ne m’avait pas fait le coup de la machine à effacer le temps, vous connaissez? ce truc qui fait qu’on se couche tôt, avec l’intention de ne lire qu’un petit chapitre avant de sombrer dans les bras de Morphée…et qu’on se retrouve deux heures plus tard, le roman fini et la tête pleine de pensées vagabondes.

Ce n’est pourtant pas un thriller mais le destin de Nelly ne se laisse pas mettre de côté si facilement et on se prend à imaginer ce qu’elle deviendra, comme une amie dont on n’aurait plus de nouvelles.

Et puis, pourquoi ne pas retourner à Amsterdam ? la maison miniature de son homonyme y est exposée et , si j’avoue ne l’avoir pas remarquée à ma dernière visite,  je suis sûre qu’elle a encore bien des secrets à chuchoter au visiteur qui saura la regarder!

miniaturiste

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