Les noces barbares, ça vous rappelle quelque chose?
Je ne parle pas du film mais du livre, Goncourt 1985, ça ne nous rajeunit pas mais bon…
Un de mes amis avait fait lire le roman à une classe de lycéens en les prévenant que le début était dur, en effet, commencer par une scène de viol peut en refroidir plus d’un.
Sauf que c’était sans compter avec l’attrait d’un livre qui sort un peu de ce qu’on s’attend à découvrir en classe de français. Ils ont adoré!

queffelec

Yann Quéffelec étant annoncé sur l’archipel, je me suis donc replongée dans ces fameuses noces, mais seulement après avoir rencontré l’auteur qui recevait aux « délices de Joséphine », LE salon de thé de Saint-Pierre où on peut au choix, boire , « collationner », jouer au scrabble, tchater en anglais, tricoter et même….faire des rencontres littéraires!

Peu de monde le jour J mais beau moment . L’homme est accessible et beau parleur, il nous raconte comment, petit, il se faisait « flibustier » du couple parental pour écouter en douce son père écrivain lire à sa mère la production du jour. Instant magique où le grand homme en taille, 1m84, ce qui n’est pas rien à l’époque et en notoriété, se fait tout petit devant sa femme à qui il demandait son avis. Quand les pages étaient belles, elle rayonnait et Yann Quéffelec raconte alors qu’il s’est dit qu’il voulait lui aussi être écrivain pour un jour pouvoir transfigurer ainsi ses lectrices. Tout un programme!
Il ne perpétue cependant pas la tradition familiale de l’oralité, préférant que ses textes restent silencieux, tout au plus marmonnés mais pas théâtralisés par une voix. Ses personnages vivent selon lui leur propre vie et le surprennent de par leur indépendance, ce qui n’est pas sans me rappeler le chapitre central des Faux Monnayeurs de Gide. Alors? Souvenir d’agrégé ou rappel de la séduisante imposture de la littérature?
Il se dit intéressé par l’humain avant tout, raconteur d’histoires et la discussion se termine sur une note éminemment sympathique.
Demandant à mon voisin de banquette pourquoi il ne s’était pas exprimé, celui-ci lui a répondu par un cadeau pour le moins sincère: du flétan fumé, offrande d’un marin -pêcheur à l’écrivain , la conversation s’est donc tout naturellement orientée côté cuisine et c’était une belle surprise!

De retour à la maison, j’ai donc repris « Les noces barbares », franchi la fameuse scène de viol et accompagné le petit Ludo dans sa misère affective.

Bilan: je ne peux m’empêcher de lire mais je regrette le côté un peu brutal de l’écriture, maîtrisée, impeccable mais avec une tendresse qui va plus aux personnages qu’aux lecteurs. Un beau livre mais l’histoire me fait désespérer de croire encore aux liens du sang dans ce qu’ils peuvent avoir de sympathiques. Les grands parents en particuliers sont des monstres parfaits dans la médiocrité de leur manque de sentiments.
Je vais essayer de lire « Un homme d’Ouessant », roman d’Henri Queffelec cette-fois, peut-être serais-je plus emballée?
À suivre…

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