Présentation

Ce blog est né de deux envies, partager mes coups de cœur littéraires et faire découvrir l’île où je me trouve .

Comme la météo de Saint-Pierre nous contraint parfois au cocooning hivernal, j’ai tout le temps nécessaire pour lire et au rythme de plus ou moins trois romans par semaine, je trouve forcément mon bonheur à la médiathèque!

Après, étant extrêmement bavarde, à l’oral comme au clavier, pourquoi ne pas partager sur d’autres sujets ? c’est la porte ouverte à tous les délires, à vous de voir si vous avez envie de suivre!

contact: javaclak@free.fr

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Attends-moi au ciel, Carlos Salem, 2018, Actes Sud

Attention ! Polar réjouissant !

 Si ! Si !Ça existe, la preuve : Piedad de la Viuda, personnage de cinquantenaire canon et coincée, confite en dévotions et accro aux aphorismes et autres proverbes plus ou moins consternants.

 La mort de son mari va réveiller en elle une femme bien différente, explosive, libérée et dangereuse.C’est qu’elle a du temps à rattraper ! La colère la transforme radicalement ( ou la révèle ? ) et le spectacle est des plus réjouissant. Détournement de fond, énigmes, coup de cœur et de corps, un bon moment de lecture qui ne laisse aucune place à la mélancolie.

 Les personnages féminins sont hauts en couleur et rien que pour cela , ce roman vaut la peine qu’on s’y attarde. De l’humour, des crimes, joli programme, non ?

L’infini livre, Noëlle Ravez, 2014

 

 Qu’un roman soit une fiction, voilà qui n’a rien d’original, qu’il porte sur l’écriture et le milieu littéraire, cela s’est déjà lu, qu’il affirme un futur dans lequel contenu du livre n’aura plus qu’une importance anecdotique, là,nous nous retrouvons en terre étrangère.

Voyage novateur par conséquent que celui de l’infini livre. Si la logique mécanique des talk-show littéraires est poussée jusqu’au dénouement fatal, celle de la lecture ne l’est pas moins. « En soi, il n’était en rien difficile de parler des livres. C’était à la portée de n’importe qui. » (p 25) forcément, quand le livre se réduit au poids et à la couverture !

 Plus grave, la musique et le langage ont subi le même revers dans ce conte philosophique sans Candide.

 Alors ? Monde perdu?Fin des rêveries ? Fin de toute tentation d’intelligence ?

  C’est de la rencontre que va naître la solution, la rencontre de deux femmes écrivains. D’abord comparées,puis fusionnées par le système, elles vont commettre l’impensable :ouvrir un livre et…

En dire davantage serait un coup en traître et il n’y aurait plus de surprise mais ce roman est à lire absolument. Beaucoup d’humour, d’ironie et un futur qui a bien des points communs avec certains aspects de notre présent.

En nous beaucoup d’hommes respirent,Marie-Aude Murail, 2018 ( éditions l’Iconoclaste)

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Encore une autobiographie?

Oui…et non.

On ne compte plus le nombre des auteurs qui,l’âge se faisant plus ou moins avancé, se plongent dans leurs souvenirs d’enfance et partagent avec nous ce qu’ils pensent avoir été .

Marie-Aude Murail n’échappe pas aux règles du genre. Sans innover totalement à la manière d’une géniale Nathalie Sarraute, elle tricote son histoire à partir d’une malle aux trésors familiaux léguée par sa mère. Une chance, dans la famille, tout le monde écrit, poétise, dramatise. On fait ainsi la connaissance du couple mythique des grands-parents amoureux mais aussi de leurs propres parents, des secrets dits ou devinés, le tout sur fond de guerre des années 1850-1960 à aujourd’hui. Les photographies donnent vie aux personnages du roman familial et il semble y avoir beaucoup d’honnêteté dans les considérations de l’auteur sur sa condition d’écrivain, ses hésitations, ses rêveries, sa sidération parfois quand, par exemple, elle découvre les réalités du devoir conjugal.

Chez les Murail, on s’écrit beaucoup, un peu comme s’il fallait la magie des mots pour que le réel prenne forme, c’est donc à travers les lettres , cartes et autres vestiges du passé qu’on nous invite au voyage. L’auteur aime aussi ce qu’elle appelle «  la culture des enfants » tout en étant parfois effrayée par les marmots et leur « violence inouïe » . Elle n’est pas écrivain par hasard et a choisi son public une fois pour toutes.

Alors les inconditionnels de Marie-Aude Murail découvriront avec plaisir ce qui a construit la femme de lettres,les autres se laisseront prendre au charme d’une histoire riche en rebondissements, fruit du hasard comme tant d’autres histoires mais imagée, documentée et , qui sait, peut-être auront-ils envie de découvrir Simple ou oh Boy !* Si ce  n’est déjà fait ?

La littérature jeunesse échappe aux étiquettes qu’on s’obstine à lui coller et se lit à tout âge !

*titres de romans publiés par l’auteur

L’Hiver du mécontentement, Thomas B. Reverdy, 2018

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L’Hiver du mécontentement est un curieux roman qui commence comme un envol, celui de Candice sur son vélo de messagère, celui d’une jeune fille de 20 ans dans le Londres de 1978 , Londres juste avant que Margaret Thatcher n’impose sa politique de « fer ».

Envol plein de promesses : Candice est belle, Candice est libre. Envol risqué en période de crise : comment croire à l’avenir quand le travail se fait rare ?

L’auteur joue à alterner les gros plans sur une actualité déprimante et les considérations de son héroïne sur Richard III, le personnage que la jeune femme doit interpréter sur les planches. Deux conquêtes de pouvoir se font écho à travers le temps, celle du tyran shakespearien faisant écho à celle du ministre torie. Il fallait oser la comparaison !

Le résultat est bluffant, on suit l’ascension de Margaret Thatcher avec le même intérêt que celui qu’on porte aux amours de Candice. L’écriture est précise, sans fioriture, et d’une efficacité impressionnante. Les remarques sur le théâtre et le jeu des acteurs sonnent juste. Un auteur auquel je vais sans aucun doute m’intéresser de plus près, il a écrit huit romans déjà ! Chic ! Pourvu qu’ils m’emportent avec autant de brio !

Musique, politique, couacs, dissonances et cacophonie!

Chats-musiciens

On dit de la musique qu’elle adoucit les mœurs, il est donc à croire que les mœurs de Saint-Pierre risquent fort de s’endurcir dans les années à venir. En effet, si l’été fut incontestablement musical entre dunefest, rock N’ rhum, Lab 97 et Transboréales, les inquiétudes quant à l’avenir des cours de musique à Saint-Pierre sont plus d’actualité que jamais. Les bars ont résonné de chants, animés par les groupes bien souvent issus des talents locaux, formés par une école accessible à tous, or cette accessibilité semble vivre ces derniers beaux jours. Certes, un poste de professeur de guitare a été publié mais qu’en est-il en réalité? Certains candidats se sont vu refuser des informations qui ne peuvent paraître accessoires, le montant de la rémunération par exemple reste un non-dit pour le moins décourageant!

Quant au poste de professeur de piano, silence assourdissant. On a même entendu une intervention au journal télévisé nous disant qu’il est normal qu’un enseignant en disponibilité puisse retrouver son poste à son retour éventuel. Les règles en matière de disponibilité ne seraient donc pas applicables dans l’archipel? Imaginons que ce soit le cas…beaucoup de professeurs des écoles prennent des disponibilités soit pour se former soit pour des raisons personnelles, faudra-t-il alors que les élèves se passent d’enseignant et se forment par correspondance???

Nombreux sont ceux qui avaient répondu au sondage publié sur le site de cheznoo, sondage leur demandant s’ils étaient favorables au développement des offres de cours de musique au CCS, la réponse était positive pour plus de 80% des avis exprimés. Le moins qu’on puisse dire c’est que leur voix n’a pour le moment pas été entendue..La culture, c’est parfois une vitrine, mais pour que la vitrine soit belle, il faut s’en donner les moyens; faire l’impasse sur la jeunesse, c’est tuer la créativité ou l’inviter à s’exprimer….ailleurs!

Cette année, il faudra se battre pour avoir une chance d’avoir accès à des cours de musique, combien de personnes seront satisfaites à la fin de la journée d’inscription au CCS? Il serait intéressant de le savoir!

Vol direct ou chemin de traverse?

Cet été, pour la première fois, Saint-Pierre et Miquelon s’est retrouvé à un vol de la Métropole, enfin, surtout Saint-Pierre, les Miquelonnais devant tout de même quitter leur île pour rejoindre l’aéroport international. Une aubaine?

En temps, en confort, assurément. Financièrement un peu moins, surtout si on part en famille. Cinq heures et demie de vol, c’est tentant mais il y a plus de 200€ supplémentaires à débourser par rapport à un vol au départ d’Halifax. Alors, la solution avec escale peut-être une occasion de s’offrir une journée de découverte, à Lunenburg par exemple.Lunenburg.10

Classée au patrimoine mondial de l’UNESCO, cette petite ville côtière est un bijou et en arrivant de Saint-Pierre le vendredi matin, on a toute la journée pour flâner, le vol pour Paris ne décollant qu’aux alentours de 23 heures.

Chouette! Suivez le guide….

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Le printemps ici est déjà bien installé et les pivoines embaumentjuillet 2018 055.JPG

Les villages alentours se sont spécialisés dans la sculpture sur bois, tendance très maritime!juillet 2018 048juillet 2018 056juillet 2018 087juillet 2018 088juillet 2018 102juillet 2018 134

Les maisons classées se déclinent dans toutes les couleursjuillet 2018 065juillet 2018 064juillet 2018 073juillet 2018 075juillet 2018 100juillet 2018 121juillet 2018 125juillet 2018 114juillet 2018 109

Les basques eux-même ne se sentiraient pas dépaysés!juillet 2018 085juillet 2018 086

Dans toute la ville, les enseignes font leur show…juillet 2018 091juillet 2018 098juillet 2018 108juillet 2018 110juillet 2018 112

L’artisanat met de bonne humeur

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Le contraste entre la mer et les maisons,juillet 2018 126juillet 2018 131

les casiers,juillet 2018 129

les bouées,tout explose de couleurs!juillet 2018 130

Alors, vol direct ou flânerie?

Les délices de Tokyo, suite…

délices tokUne fois n’est pas coutume, c’est en DVD que j’ai poursuivi le voyage au pays des dorayakis puisque le film de Naomi Kawose est venu rejoindre le roman éponyme du film sur les étagères de la médiathèque de Saint-Pierre.

Résultat? Un très bon moment teinté de mélancolie. Alors la question est posée: lire ou regarder?Les-Delice-de-Tokyo7 2

En fait la lecture parasite le regard dans la mesure où le rythme du film joue sur les attentes du spectateur, attentes qui n’en sont plus vraiment lorsqu’on a déjà lu le roman. Il faudrait dans l’idéal voir le film et lire ensuite le roman qui creuse davantage le passé des personnages, l’histoire du Japon et certaines silhouettes comme celles du mari de Tokue, à peine esquissé à l’écran. Après, les acteurs sont attachants, leurs visages ne heurtent pas la représentation qu’on pouvait en avoir à la lecture et le DVD offre un petit plus sympathique….et inattendu, LA recette des fameux dorayakis.delices

Allez, aux fourneaux!

Et quand il bruine à SPM, on fait quoi?

 

Plein de choses en fait!

On peut bien sûr fignoler la collation du jour avec du fait-maison, parfait pour le coup d’thé….on peut aussi facebooker les copines, regarder un DVD, rattraper son retard côté séries tv ou encore sortir quand même et ouvrir grand les mirettes.

Regarder mieux, plus près…et s’émerveiller!

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La trémière basque est au repos

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Joli travail, non?aout 2018 008.JPGpas mal non plus….

Et au concours de guirlande des ondines, laquelle sera la plus belle?

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La brume, c’est plein de surprises finalement…

Les délices de Tokyo, Durian Sukegarwa, 2018 pour l’édition livre de poche

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On dit de certaines personnes qu’elles cachent bien leur jeu mais c’est également le cas de certains livres rares comme Les délices de Tokyo de Didier Sukegawa.

Un tout petit format, un auteur peu connu, une couverture pastel qui me faisait de l’œil depuis le rayon nouveauté de ma bibliothèque favorite, autant dire que je l’avais emprunté comme une friandise d’été, sans trop en attendre en retour.

Le début ne m’avait pas détrompée, agréablement dépaysant, il me transportait sur le pas d’une boutique de dorayaki où officiait Sentukô, homme désabusé, peu motivé par la tâche qui, on l’apprend assez vite, lui a été imposée( et non, ne me demandez pas ce que sont les « dorayaki », lisez ce petit bijou de livre et ils n’auront plus de secret pour vous!)

Lecture agréable, légère, qui évoque pour moi l’ambiance des Beignets de tomates vertes de Fannie Flagg, sauf que….tout bascule avec le personnage de Tokue Yoshii, 76 ans, dont les doigts étrangement déformés interrogent le lecteur, curieuse femme, d’abord simple silhouette qui devient formidable personnage  s’imposant à Sentukô d’abord dans sa cuisine, puis dans sa tête et sa vie.

On découvre son histoire et celle de la culture japonaise à travers le regard d’une génération qui a oublié ce qu’elle ne voulait plus voir.

Gêne, culpabilité, peur, les sentiments sont mêlés au parfum des fleurs de cerisier et la beauté du mélange est telle qu’on se surprend à rêver longtemps de ce roman dont la petite musique émeut.

On sent les effluves de la pâte des dorayaki, la détresse des délaissés, la douceur de l’humanité lorsqu’elle partage son amour des délices de la vie. On apprend à écouter et à regarder, il y a de la magie dans ces pages!

L’histoire a été adaptée à l’écran et primée à Cannes, pas étonnant ! Le film réussit-il à transmettre l’émotion de la lecture? Je me promets de le vérifier dès que j’en aurai l’occasion…

Méli-mélo floral

Si juillet à Saint-Pierre et Miquelon fait souvent grise mine, ce n’est pas parce qu’il est mal entouré, bien au contraire!

Juin décline ses fleurs blanches en cœurs changeants noirs,

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ou gris,

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en août c’est le « printemps estival » et pour les grincheux qui diront que l’expression est bancale, la preuve en couleurs!juillet 2018 246juillet 2018 253juillet 2018 256

Les mûres, les graines et les bleuets se préparent, il y a du rose en montagne, juillet 2018 259

du jaune et du blanc sur les étangs…

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Les églantines embaument et invitent à flâner nez au vent. juillet 2018 244Seul bémol, ces maudites mouches qui attaquent avec furie et piquent sans faiblir mais bon, la beauté, ça se mérite et on rencontre même des invitées surprise:juillet 2018 015

 

Alors, qui me dira le nom de cette belle solitaire? Je n’ai pas trouvé, sous ses allures d’orchidée elle garde pour le moment son mystère…